Science et musique

Si les ressources du cerveau ne cessent de nous étonner, les scientifiques découvrent chaque jour davantage l’influence de la pratique musicale sur ses possibilités… et sur la santé en général.
Le cerveau détecte les erreurs à l’avance
Lorsqu’un pianiste se trompe de touche, son cerveau le sait avant même que la fausse note ne se fasse entendre.
Des chercheurs allemands et britanniques ont montré que le cerveau serait en mesure de déceler les erreurs avant qu’elles ne se produisent. Les scientifiques ont soumis des pianistes professionnels à un électroencéphalogramme pendant qu’ils jouaient de mémoire. Constat des scientifiques : il semblerait que le cerveau repère les erreurs un dixième de seconde avant que le pianiste n’appuie sur la touche. (www.plosone.org)

Des cerveaux bien en phase

Les musiciens jouant ensemble ont leur cerveau sur la même longueur d’ondes (électroencéphalogrammes presque identiques), selon des chercheurs de l’institut Max-Planck de Berlin et de l’université de Salzbourg. « Les actions interpersonnelles coordonnées sont précédées et accompagnées par une activité électro-cérébrale semblable », a affirmé Ulman Lindenberger, l’un des auteurs de l’étude. Celle-ci a été menée sur huit couples de guitaristes de jazz jouant jusqu’à 60 fois la même mélodie. Les ondes électro-cérébrales étaient semblables non seulement pendant qu’ils jouaient, mais également quand ils écoutaient le métronome avant de commencer à jouer. (BMC Neuroscience, mars 2009)

Nouveau-nés et musique

Des études, menées en Hongrie et aux Pays-Bas, montrent que les nouveau-nés peuvent, dès l’âge de 2 ou 3 jours, détecter le rythme de la musique. Ces études soulignent que cette perception ne nécessite pas d’attention volontaire mais repose sur des mécanismes innés. Pour autant, les chercheurs n’excluent pas un apprentissage musical au stade fœtal. La musique chez l’homme ressortit-elle à l’inné ou à l’acquis ? Le débat n’est pas clos.

Apprendre le piano avec des gants !
Des chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie (Georgia Tech), à Atlanta, ont conçu un gant qui vibre pour indiquer au pianiste en herbe le ou les doigts qui doivent jouer. L’objectif est de combiner la musique à la mémoire musculaire dans l’apprentissage du piano.
Le gant, animé par cinq moteurs vibratoires alimentés par une pile, est relié sans fil à un ordinateur. Le logiciel peut être synchronisé à un lecteur de musique. Ainsi, un pianiste n’aurait plus besoin d’être à son instrument pour commencer à développer la mémoire musculaire nécessaire à l’apprentissage d’un morceau. Les inventeurs veulent rassurer les professeurs de piano : l’appareil ne fera que proposer une méthode alternative aux gens qui n’ont pas le temps de s’astreindre au processus traditionnel d’apprentissage.

Musique et cholestérol
Selon des recherches effectuées à l’université du Maryland, la musique permet de lutter contre le cholestérol. Ainsi, écouter sa musique favorite au moins 30 minutes par jour déclencherait une production supérieure d’oxyde nitrique, substance qui, libérée dans le sang, empêche la formation de caillots et limite le mauvais cholestérol, souvent à l’origine de malaises cardiaques. Mais attention ! Ecouter du rap ou du heavy metal aurait un effet inverse ! Mieux vaut choisir Bach ou Philip Glass dont l’écoute serait bénéfique pour l’activité mentale, ou Mozart, idéal pour la relaxation… (Times, 21 décembre)

Des papyrus remis en musique
Grâce aux travaux réalisés par des chercheurs français, on peut désormais jouer sur des répliques d’instruments anciens les airs préférés de César ou d’Hadrien. C’est une équipe du CNRS qui a permis ces reconstitutions de différents instruments à cordes (lyre, cithare…), à vent (aulos, tibia, flûte…) et à percussion (scabellum, tympanon…).
(Sciences et Avenir, mars 2009)

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