Vienne aux Champs-Elysées

Nicolas Darras 10/09/2012
Pour son concert au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, le mythique Philharmonique de Vienne avait invité Simon Rattle, le Musikdirektor du Philharmonique de Berlin.
Critiqué parfois par certains à Berlin pour une programmation jugée trop éclectique, le chef a proposé en revanche avec les Viennois deux grands piliers du répertoire symphonique traditionnel : les Troisièmes Symphonies de Schumann et de Brahms, avec entre les deux une transition moderniste, l’opus 6 de Webern.
Que dire d’un concert aussi époustouflant de maîtrise, sinon que Rattle semble confirmer sa stupéfiante capacité à concilier le respect de l’héritage que les orchestres portent en eux comme un ADN, et sa volonté de faire vivre les œuvres par un regard personnel et neuf. Ainsi avons-nous entendu, dans les deux symphonies, au lieu de l’orchestration massive et pâteuse que l’on entend souvent, une véritable musique de chambre, souple, limpide, aérée, mise en valeur par des tempos souvent assez rapides et par une écoute mutuelle rare, notamment dans les pupitres de cordes.
Quant aux Six Pièces pour orchestre de Webern, elles se sont suivies selon une véritable progression dramatique, sorte d’opéra expressionniste en miniature. Ce savant mélange de tradition et de remise en question semble fonctionner à merveille avec les musiciens viennois, à en juger par le regard pétillant de bonheur de Rattle, de ses instrumentistes, regard qui était devenu le nôtre au sortir de ce concert. (19 juin)
Nicolas Darras
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