Beethoven et Strauss, un concert symphonique à l’Opéra Bastille

Nicolas Darras 02/04/2013
L’Orchestre de l’Opéra de Paris sort de la fosse plusieurs fois par saison, pour livrer des concerts qui permettent d’entendre cette formation dans un répertoire symphonique inhabituel pour elle. C’est à un programme somme toute fort traditionnel qu’était consacrée cette dernière soirée, réunissant des œuvres écrites aux confins du 19e siècle.

 


Philippe Jordan (J-F Leclercq)
 
En première partie, le trop peu joué Triple Concerto de Beethoven était défendu avec énergie par un trio composé de Veronika Eberle au violon, Danjulo Ishizaka au violoncelle, et Martin Helmchen au piano, qui surent fondre leur maîtrise instrumentale confondante (mention spéciale au son si expressif du violoncelliste) dans le dialogue théâtral, voire humoristique, qui fait l’essence même de cette oeuvre géniale.
Si, dans le rôle d’accompagnement (il est vrai assez sommaire) confié par Beethoven, l’orchestre se montra assez terne en comparaison de l’éloquence des solistes, le poème symphonique de Strauss Une vie de héros lui permit de se montrer sous ses plus beaux atours. Plus encore que la rutilance des timbres de chacun des pupitres, qui atteignirent par moment des sommets d’expressivité, c’est la conduite exemplaire du discours dramatique durant ces trois-quarts d’heure de musique génialement architecturés par le chef Philippe Jordan qui fit de cette interprétation un véritable moment de grâce. L’Ouverture des Maîtres chanteurs de Wagner, donnée généreusement en bis, ne fit que confirmer la relation apparemment idyllique entre l’orchestre et son chef attitré, et la plénitude musicale qui en découle,  que l’on regretterait presque de ne pas pouvoir apprécier plus souvent dans des soirées de ce type. (28 mars)
Nicolas Darras

 

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