Une solution pour les festivals, le mécénat individuel

Antoine Pecqueur 30/05/2011
Odile Pradem-Faure, directrice du Festival de Saintes,
nous parle de la santé financière de cette manifestation.

Quel a été l’impact de la crise économique sur le financement du Festival de Saintes ?
Le public d’un festival comme le nôtre n’est pas directement touché par la crise et il privilégie les dépenses culturelles par rapport à d’autres dépenses. Concernant les financements publics, ce n’est pas tant la crise économique que l’anticipation de la réforme des collectivités qui a conditionné l’attribution de nos subventions en 2010. Par ailleurs, la baisse très sensible du marché de l’immobilier (et donc des droits de mutation perçus par le conseil général) n’a sans doute pas été étrangère à la décision de celui-ci de procéder à une baisse de subventions de 20 %, ramenée par la suite à 10 %. L’attitude des pouvoirs publics à notre égard est plutôt bienveillante. Un festival comme le nôtre doit cependant veiller à faire constamment œuvre de pédagogie pour défendre ses choix artistiques, ainsi que pour faire reconnaître les retombées économiques qu’il génère sur tout notre territoire.

Quelle est votre stratégie en matière de mécénat ?
Pendant longtemps, nous avons essayé de faire de la recherche de mécénat par nous-mêmes, en interne. Mais en créant un club d’entreprises, mené par deux chefs d’entreprise membres de notre conseil d’administration, nous avons obtenu de meilleurs résultats. Ces derniers sont plus convaincants auprès de leurs pairs et de leurs réseaux que nous pouvons l’être. Dans le même temps, il semble évident que le mécénat des entreprises et le financement public ont atteint un seuil qui ne saurait progresser dans les années à venir. C’est pourquoi nous avons décidé de faire appel à une agence spécialisée dans la philanthropie et le don des particuliers pour nous aider à développer notre projet.

Comment un festival comme celui de Saintes peut-il faire des économies ?
Pour l’instant, le Festival de Saintes préfère ne pas se poser cette question. Cela se ferait, en effet, au détriment du projet artistique. Nous nous interrogeons plutôt sur les moyens de développer nos ressources propres : en exploitant le site historique de l’abbaye aux Dames, grâce à notre nouvelle boutique... Ceci nous permet ne pas augmenter le prix des places.
Propos recueillis par Antoine Pecqueur

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