L’union fait la force

Michèle Worms 12/09/2011
Inutile de se faire des illusions, la saison 2011-2012 risque d’être difficile. Dette, crise, austérité... dans tous les pays, les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, sont conduits à restreindre les demandes budgétaires considérées comme non strictement indispensables.

En France, il faut ajouter cet événement supplémentaire qu’est l’élection présidentielle : durant toute une période (avant, pendant, après !), nombre de décisions seront suspendues, voire abandonnées en attendant les équipes nouvelles.
Lors des présidentielles, la culture a toujours constitué un sujet de campagne important pour les différents partis politiques. Pour l’instant, il n’en a pas été vraiment question. Seule Martine Aubry, candidate aux primaires du PS, a fait des propositions immédiatement jugées irréalistes dans son propre parti (voir Actualités)...
Dans ce contexte, les professions organisées s’en tirent mieux que les autres. Les restaurateurs, médecins, taxis, font jouer leur influence sur les électeurs. A l’intérieur du monde artistique, certains font très bien entendre leur voix : ainsi les producteurs de films télévisés qui ont réussi à imposer des quotas aux chaînes.
La musique classique a des atouts non négligeables. Elle dispose d’organisations solides et reconnues, comme la Réunion des opéras de France, l’Association française des orchestres, la Fevis qui regroupe ensembles instrumentaux et vocaux, ou encore France Festivals... qui peuvent se soutenir mutuellement et avoir ainsi du poids. Qu’on se souvienne de l’affaire d’un orchestre menacé puis sauvé dans le midi de la France !
Nul ne peut nier les efforts entrepris, en liaison avec les conservatoires, pour amener de nouveaux publics à la musique, en particulier les jeunes (orchestres à l’école, chorales, opéras...), mais aussi pour créer du "lien social" (hôpitaux, maisons de retraite, prisons...). Le succès de ces actions prouve que la musique classique, loin d’être un divertissement pour une soi-disant élite, joue un rôle social important et devrait, pour cette raison, échapper à toute réduction de crédit.
Reste à ces organisations de se concerter, pour peser auprès des candidats à l’élection présidentielle comme un véritable lobby. Pourquoi ne pas prendre exemple sur Nicolas Hulot et envisager de faire signer aux candidats un "pacte pour soutenir la musique" comme il l’a fait pour l’écologie ?
Mais il ne suffit pas que les organisations professionnelles soient seules à se battre. Ce combat doit être celui de tous les musiciens. Ils répugnent souvent, on le sait, à sortir de leur isolement et à mener une action collective. L’enjeu est pourtant essentiel.
La Lettre du Musicien s’associera pour sa part à toute action visant à soutenir la musique au cours de cette saison. L’union fait la force !
Michèle Worms

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