Banque populaire : «La fondation apporte une âme à l’entreprise.»

Antoine Pecqueur 03/10/2011
Nous commençons ici une série sur le soutien qu’apporte le mécénat aux musiciens, en présentant les grandes fondations et entreprises qui s’investissent dans ce secteur.
Responsable du mécénat de la Fondation d’entreprise Banque populaire, Martine Tremblay détaille l’action de cette entreprise en faveur des jeunes musiciens.

A quand remonte l’engagement de la Fondation dans le domaine de la musique classique ?
La Fondation a été créée en mai 1992 avec un double objectif : aider les jeunes musiciens à travers un système de bourses, ainsi que les handicapés physiques. Nous avons, depuis lors, toujours conservé ces deux axes, auxquels a été ajouté un troisième en 2010 : l’aide aux entrepreneurs citoyens.

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Les changements d’organisation de l’entreprise, et notamment les fusions, acquisitions ou cessions, n’ont pas affecté la partie mécénat. Il faut dire que les valeurs que nous défendons à travers notre fondation sont en totale adéquation avec celles de l’entreprise. La banque défend l’idée de solidarité, de proximité avec les gens. De notre côté, nous aidons les jeunes à entrer dans la vie professionnelle.

La crise économique et financière de 2008 a-t-elle eu un impact sur votre fondation ?
Il n’y a pas eu d’incidence dans le sens où notre budget annuel - d’environ 1,7 million d’euros - n’a pas diminué. Au contraire, j’ai l’impression que notre action a encore plus de sens, dans la mesure où, dans le domaine culturel, il y a moins d’aide du côté de l’Etat. C’est donc à nous de soutenir les jeunes musiciens en début de carrière, en évitant qu’ils ne partent tous à l’étranger.

Comment sélectionnez-vous les jeunes musiciens à qui vous attribuez les bourses ?
Pour présenter sa candidature, il faut être âgé de moins de 27 ans et être passé par les conservatoires supérieurs de Paris ou de Lyon (ou un équivalent international). Le musicien doit écrire une lettre de motivation dans laquelle il explique son projet en cours, accompagné d’un CV et de trois lettres de recommandation de personnalités du monde musical classique. Nous examinons les candidatures deux fois par an : il faut donc les envoyer avant le 15 octobre ou avant le 15 mars. Les dossiers sont étudiés par un préjury constitué de Marielle Nordmann et de la fondation. Certains dossiers sont alors rejetés.
Les musiciens qui sont retenus sont invités à passer une audition devant un jury composé de dix personnes, où l’on trouve notamment la pianiste Anne Queffélec, le compositeur Philippe Hersant ou le journaliste Alain Duault, sous la présidence de Marielle Nordmann. Les instrumentistes jouent deux morceaux, sur les trois qu’ils ont préparés. Il n’y a pas d’entretien. A chaque fois, nous recevons environ 20 dossiers et nous en retenons entre 1 et 6.

Quel but poursuivez-vous en attribuant ces bourses ?
Ces bourses permettent au jeune musicien de réaliser un enregistrement discographique, de prendre des cours en classes de maître à l’étranger, de se présenter à un concours ou même de créer son site Internet personnel.
Nous sommes là pour l’accompagner dans la transition entre ses études et la vie professionnelle. Le montant des bourses varie entre 10 000 et 13 000 euros par an. Tous les ans, les musiciens passent une sorte d’oral, où ils font le point sur l’avancement de leur projet. Les bourses sont reconductibles deux fois, à condition que le musicien ne soit pas entré dans un orchestre, par exemple.

Vous accueillez également des compositeurs...
Pour les compositeurs, la condition est qu’ils soient âgés de moins de 40 ans. Ils nous envoient, en plus du dossier, des enregistrements de leurs œuvres, sur lesquels nous fondons notre décision. Mais ils ne participent pas physiquement à l’audition.

Pouvez-vous nous donner quelques noms de musiciens passés par votre fondation ?
On pourrait citer le violoniste Renaud Capuçon, la flûtiste Juliette Hurel, la pianiste Laure Favre-Kahn... Et parmi les compositeurs, Nicolas Bacri ou Karol Beffa. 177 jeunes instrumentistes et 17 compositeurs sont passés par la fondation depuis sa création.

Comment votre action dans le domaine musical est-elle perçue en interne, par les collaborateurs de l’entreprise ?
La fondation apporte une âme à l’entreprise. Les salariés sont fiers de notre action. Ils peuvent faire remonter des dossiers de musiciens qu’ils connaissent, et bien sûr assister aux concerts des lauréats. Nous organisons même des concerts uniquement en interne, notamment lors de réunions nationales. Nos musiciens lauréats sont bien sûr payés pour ces concerts, dont le programme est approuvé par la harpiste Marielle Nordmann, directrice artistique de la fondation.

Vous avez aussi créé un festival en 2008...
Les Musicales de Bagatelle ont pour but de faire jouer les lauréats ensemble, les anciens et les nouveaux. Les concerts se déroulent dans le bois de Boulogne, dans l’orangerie du parc de Bagatelle (prochaine édition en mai 2012). Nos lauréats se produisent également dans des concerts en prison, organisés en partenariat avec le Secours catholique et l’administration pénitentiaire. Un bel exemple de mécénat croisé que nous avons lancé en 2010 !
Propos recueillis par Antoine Pecqueur

 

 

Les autres volets de notre enquête 
sur le mécénat des grandes fondations et entreprises 
Fondation BNP-Paribas (LM408), Caisse d’épargne (LM409), 
Mécénat Musical Société Générale (LM410), Caisse des dépôts (LM411), 
Fondation Orange (LM412), Fondation Safran (LM413), Swiss Life (LM414).

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