Huit violoncelles... de Picardie en Bulgarie

Philippe Thanh 05/01/2010
L’Octuor de violoncelles, fondé et dirigé par Jacques Bernaert, a donné deux concerts en Bulgarie, à l’invitation de l’Institut français de Sofia et de l’Alliance française de Varna.
Pour le premier, l’Octuor était accueilli salle Bulgaria, la plus importante salle de concerts de la capitale : édifiée dans les années 30, en forme de boîte à chaussures, elle compte 1 200 places et offre « la meilleure acoustique des Balkans », comme aiment à le dire les mélomanes sofiotes. Devant un public particulièrement attentif (pas de toux, pas de sonnerie de téléphone…), les huit musiciens ont présenté un bel échantillon de leur répertoire (depuis sa création, l’Octuor a passé quelque 120 commandes à presque autant de compositeurs !). Dans la première partie du programme s’enchaînaient Battements de Graciane Finzi (2007), pièce à l’intense pulsation rythmique, In nomine de Philippe Hersant (2001) qui donne un rôle de soliste à l’un des violoncelles, puis Messagesquisse de Boulez, œuvre emblématique de l’Octuor de violoncelles (qui la joua avec Rostropovitch au Théâtre des Champs-Elysées). Ecrite pour six violoncelles et un soliste, cette série de variations sur le nom de Sacher est d’une virtuosité redoutable pour le soliste. Elle aurait pu paraître difficile d’approche pour le public, si Jacques Bernaert n’avait présenté l’œuvre, comme il le fit pour toutes les pièces du programme, de façon pédagogique et quasi ludique. Le très “jazzy” A tempo de Jean-Charles Capon (1993) concluait sur un rythme enfiévré la première partie du concert. L’Octuor était ensuite rejoint par l’Orchestre national de la Radio bulgare, dirigé par Boris Spasov, pour un Huit à l’infini de Dominique Lemaître dans lequel la musicalité du chef et la belle entente qui régnait entre les huit violoncelles solistes et l’orchestre ont fait merveille.

Le lendemain, ayant parcouru près de 500 kilomètres en bus (!), les huit musiciens se retrouvaient à Varna, sur les rives enneigées de la mer Noire, dans une jolie salle, la galerie d’art municipale, à l’acoustique cependant incertaine. Une première partie réunissait la Bachiana brasileira n° 1 de Villa-Lobos et quatre tangos dont le très beau Margarita de Agostos de Raul Garello. Fatigue du voyage ? Il faudra quelque temps à l’Octuor pour trouver ses marques, mais la seconde partie sera, elle, tout à fait convaincante : une belle interprétation de Fratres de Pärt et deux pièces données la veille, celles de Finzi et de Capon, encore plus vivantes et ciselées avec davantage de précision. Devant l’enthousiasme du public, l’Octuor reprenait en bis le tango de Garello, comme transcendé. (11 et 12 décembre)

Philippe Thanh
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