Les quatuors font la fête à Saint-Roch

Juliette Duval 05/03/2012
Ancienne productrice à France Musique, Anne-Marie Réby dirige le festival Solistes aux serres d’Auteuil et, depuis 2008, le festival Quatuors à Saint-Roch dont la prochaine édition a lieu du 15 au 18 mars.
Comment est né le festival "Quatuors à Saint-Roch" ?
J’ai été spécialiste de cette discipline sur France Musique dans les années 90. Le projet de festival a vu le jour grâce à la restauration de la chapelle du Calvaire de l’église Saint-Roch à Paris entre 2004 et 2006. Une fois les travaux acoustiques réalisés, j’ai pu lancer le festival.

Comment élaborez-vous votre programmation ?
Je fonctionne principalement sur des coups de cœur : j’aime beaucoup le quatuor Zaïde, excellente formation féminine, mais aussi, dans un autre genre, le quatuor Sine Nomine, déjà confirmé. Par ailleurs, je me tiens informée de l’actualité des concours et des enregistrements. Quant au répertoire, j’alterne entre des œuvres "audacieuses" comme celles de Ligeti ou de Dutilleux et des pièces plus classiques. Le but est de faire découvrir le grand répertoire comme les partitions plus rares ou contemporaines. Les Zaïde vont interpréter le Quatuor de Zemlinsky, qui est assez peu joué, et les Cambini, une formation sur instruments anciens, interpréteront une partition de Félicien David. Tout cela sera encadré par Schubert, Haydn, Mozart, Brahms. Afin de varier les plaisirs, j’invite aussi la flûtiste Juliette Hurel et la hautboïste Hélène Devilleneuve.

Quels sont vos partenaires ?
J’ai un partenariat avec le Concours de Genève. Nous invitons les lauréats dans notre festival. Nous payons les cachets et le concours finance les voyages. Les conditions économiques sont difficiles. Cela revient cher de faire venir des quatuors étrangers : il faut multiplier les frais de transports et de logement par quatre. Par ailleurs, nous avons un partenariat financier avec le Centre de musique romantique française. Cela permet de dédoubler les concerts. Le quatuor Cambini se produit ainsi à Venise et à Paris.

Quel est le budget de la manifestation ?
Nous avons un budget de 80 000 euros. Je bénéficie du soutien financier de la Conny-Maeva Charitable Foundation que préside Dominique Dunant. La Spedidam apporte une participation de manière régulière. La Fondation Bru Zane nous donne aussi une petite somme. Le budget n’est pas encore à l’équilibre, mais je me donne jusqu’en 2014 pour y parvenir.

Y a-t-il un public pour cette discipline ?
Il y a un public, mais il faut savoir le capter. Il est très difficile de remplir les salles avec de la musique de chambre. Je constate cependant une progression des entrées. Pour l’instant, nous sommes environ à 120 places payantes. Pour les 30 ans du quatuor Parisii, nous avons fait salle comble.

Comment expliquez-vous cette difficulté ?
La salle est le principal problème. Nous ne sommes pas encore identifiés, mais c’est une question de temps. C’est ce qui m’est arrivé au début du festival Solistes aux serres d’Auteuil. J’aime bien investir des lieux improbables pour les concerts.
Paris manque-t-il de salles de musique de chambre ?
L’auditorium de la Cité de la musique est superbe, mais un peu trop petit. L’amphi­théâtre de l’Opéra Bastille, de 500 places, est bien, mais la programmation est logiquement liée à l’opéra. Nous n’avons pas de Wigmore Hall à Paris. Il y a bien la salle Gaveau, mais elle souffre d’un grave problème de direction. J’espère que la future Philharmonie de Paris pourra combler ce manque.
Propos recueillis par Juliette Duval

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