Des étudiants français au Festival de basson de Pékin

10/09/2012
Quatre étudiants du Conservatoire de Lyon et leur professeur ont participé au 2e Festival international de basson de Pékin, du 16 au 21 juillet. Ils nous font le récit de cette belle aventure, sous forme de journal de bord...
Le premier jour, nous avons eu la belle surprise d’effectuer le vol Francfort-Pékin à bord d’un A380, un avion impressionnant avec plus de 500 passagers à bord... Déjà, dans le terminal du départ, nous avions repéré deux autres bassonistes, grâce aux étuis bien particuliers : Fabio Cury, professeur à Sao Paulo et Holger Schinkoete, basson solo de l’Opéra de Bavière. Arrivée à Pékin et transfert à l’hôtel où nous avons juste eu le temps de poser nos bagages avant d’aller répéter au Conservatoire central, où nous avons pu mesurer toute l’importance de l’organisation : quatre personnes au moins se sont occupées de nous et nous avons répété dans le bâtiment central, flambant neuf.


Deuxième journée, premier concert du quatuor à 16 h. Nous avons donc fait notre générale le matin dans un des nombreux auditoriums du conservatoire central (il y en a un à chacun des 15 étages !), puis concert devant un parterre d’environ 400 personnes. Notre programme comportait une partie "classique" avec des pièces pour quatuor de bassons comme le concerto "Le Phénix" de Corrette ou le Quatuor de Hummel, ainsi que plusieurs arrangements de Bach et Haendel. Sophie a ensuite joué le Concertino de Marcel Bitsch avec piano pour passer à une partie plus "cool" avec un joli quatuor de Jean-Philippe Audin, des mélodies latines de Nazarteh, Mignone et des rythmes américains sur des thèmes de Glenn Miller et de Bernstein. Cela a été une excellente expérience de devoir "assurer" à n’importe quelle heure de la journée, vu que nous étions en plein décalage horaire. Le concert a été un franc succès et tout le monde est venu nous féliciter.
Le cadre du Festival international du basson à Pékin a été une découverte : il y avait tous les plus grands facteurs de basson (Püchner, Mönnig, Moosmann, Bell...) ; des magasins qui proposaient des partitions, de l’outillage pour les anches. Nous avons également pu rencontrer et côtoyer certains des bassonistes que l’on ne connaissait que par leurs enregistrements et leur renommée. Nous avons pu passer du temps ensemble, discuter avec eux, les écouter et mieux les connaître dans des moments de détente, au restaurant le soir.
Il y avait, outre de très nombreux Chinois, des Italiens, des Américains, des Brésiliens, des Russes, des Taïwanais... La représentation allemande était impressionnante, avec trois grands professeurs de Hochschule et on a tout de suite vu que les contacts musicaux que la Chine entretient avec l’Allemagne sont bien plus anciens et intenses que ceux qu’elle a avec la France. Nous avons également rencontré des jeunes bassonistes chinois qui ont été très curieux de nos parcours différents. Cela a été pour nous une chance véritable de connaître de près des styles variés, différents, car même si la musique est un langage international, chaque nation à un héritage sonore, créatif et musical spécifique. Il est fondamental, pour nous qui sommes en train de construire notre univers musical, d’être confrontés à tant de variété, car cela nous fait réfléchir et nous stimule.


Durant la troisième journée, notre professeur Carlo Colombo a donné une classe de maître, ce qui nous a permis d’entendre des jeunes Chinois et de rencontrer les exposants pour essayer différents instruments : c’est rare de trouver autant de choix en un petit espace. Nous avons aussi pu assister à d’autres classes animées par des bassonistes présents et cela nous a fait connaître d’autres méthodes pédagogiques et d’autres approches musicales. Une expérience précieuse et constructive, car les classes de maître sont trop rares dans nos établissements.


La quatrième journée a été un cadeau des organisateurs qui nous ont invités à découvrir la Grande Muraille et les tombeaux Ming ! Départ très tôt, à 7 heures, pour éviter le monde (utopique !) et retour en fin d’après-midi. Nous avons pu enfin voir la Chine traditionnelle, avec son histoire très ancienne, car à Pékin on a l’impression d’une fuite en avant dans le 21e siècle.


La cinquième jour, nous avons visité la Cité interdite, haut lieu d’histoire au passé impressionnant. La visite, très enrichissante, fut suivie de répétitions en vue du concert final.


La sixième et dernière journée a été consacrée aux répétitions puis au concert final dans la grande salle de concert (environ 2 500 places) de la Cité interdite. Au programme : deux quatuors que nous avons interprétés, différentes pièces pour bassons et piano (dont la Sonate de Saint-Saëns interprétée par notre professeur) et pour finir un ensemble de 22 bassons. La représentation fut suivie d’une grande soirée festive avec la plupart des professeurs de basson chinois. Certains sont venus nous voir pour nous poser des questions sur les anches, l’interprétation et le son.

Un très grand merci à tous ceux qui nous ont aidés à prendre part à ce festival ! En premier lieu à Carlo Colombo qui a travaillé sur ce projet depuis un an déjà, à la firme Püchner qui a été incroyablement généreuse avec nous, ainsi qu’au Conservatoire central de Pékin qui a aussi financé une partie des dépenses. On pourra regretter l’absence totale de participation et d’aide de nos institutions françaises. Carlo Colombo a dû organiser ce voyage tout seul (heureusement, le sponsor Püchner a été plus que présent, sans quoi nous n’aurions pas pu partir). Cette expérience nous a nourri musicalement et humainement, elle sera inoubliable. A nous, à présent, de faire fructifier tous ces contacts...
Sophie Dartigalongue, Romain Rouge, Loïc Bernardet, Lorenzo Contaldo

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