Nicolas Krauze : «Un répertoire à la frontière entre musique de chambre et symphonique»

Antoine Pecqueur 01/10/2012
Violoniste de formation, Nicolas Krauze poursuit une carrière de chef d’orchestre, notamment en Pologne et en Italie. Il a fondé, il y a huit ans, son orchestre de chambre, la Nouvelle Europe.
Quelle est la particularité de votre orchestre de chambre Nouvelle Europe ?
J’ai fait mes études de violoniste à Moscou. De retour à Paris, j’ai retrouvé une communauté de musiciens issus de la même école russe. J’ai alors souhaité créer un orchestre à cordes avec ce style de jeu, à la fois énergique et instinctif. Nous jouons sur instruments modernes de manière décomplexée, avec un répertoire à la frontière entre la musique de chambre et le symphonique. Les membres de l’orchestre ont entre 18 et 30 ans, ils sont en général au début de leur carrière de chambriste ou de soliste. Aujourd’hui, nous donnons en moyenne entre 20 et 25 concerts par saison, avec des solistes de premier plan, comme le pianiste François-René Duchable.

En quoi consiste votre résidence à la fondation La Borie en Limousin ?
Nous sommes en résidence à La Borie depuis janvier dernier pour une période de trois ans. Cette résidence nous donne tout d’abord une assise administrative ; une personne se charge notamment de la diffusion en France et à l’étranger. Avec Isabelle Depret-Bixio, directrice de la fondation, nous mettons en place, outre les concerts, des projets pédagogiques, en faveur des jeunes ou du public défavorisé. A côté de La Borie, nous sommes également en résidence à Neuilly-sur-Seine et nous donnons régulièrement nos programmes à l’auditorium de Vincennes.

Pouvez-vous nous présenter votre dernier enregistrement (label Laborie) ?
J’ai souhaité réunir trois siècles de musique en Russie, avec trois œuvres emblématiques. Le règne des tsars est représenté par la Sérénade de Tchaïkovski, la période soviétique par la Symphonie de chambre de Chostakovitch (une orchestration de son Quatuor n° 8 par Rudolf Barshaï) et la Russie actuelle avec une œuvre d’Evgueni Galperine, un compositeur de 35 ans connu pour avoir écrit de nombreuses musiques de film. Sa pièce, avec en soliste le trompettiste Sergeï Nakariakov, mêle différentes influences, du jazz à la musique folklorique, de manière extravagante.

Pourquoi diriger un orchestre de chambre à l’heure où nombre de formations de ce type jouent sans chef ?
Les musiciens ont plus d’assurance avec un chef d’orchestre, ils prennent donc plus de risques. Dans ce répertoire, le chef doit être précis tout en laissant de la place, de la souplesse aux musiciens. Par ailleurs, dans de nombreuses formations sans chef, le violon solo joue souvent le rôle de faux chef d’orchestre... Enfin, je souhaite tendre de plus en plus, avec l’ensemble, vers un répertoire contemporain, mais accessible (des œuvres de Nicolas Bacri, Karol Beffa...), dans lequel une vue générale, celle du chef, est très utile.
Propos recueillis par Antoine Pecqueur

Prochains concerts au théâtre de l’Union à Limoges le 9 octobre,
au théâtre Le Village, Neuilly (92) le 11 (Vivaldi, Piazzolla),
au festival Automne musical de Taverny (95) le 13 (Vivaldi, Bach, Marcello, Tchaïkovski).

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