Bouffonneries baroques à Pontoise

Roger Tellart 05/11/2012
Pour sa 27e édition, le Festival de Pontoise est resté fidèle à sa “différence” baroque, reflet des choix heureux de son directeur Patrick Lhôtelier. Ainsi de la comédie-ballet Monsieur de Pourceaugnac revisitée par une production pluraliste réunissant la compagnie des Malins Plaisirs pour le théâtre et le chant, celle de l’Eventail pour la danse et les Musiciens de Saint-Julien pour l’accompagnement instrumental et la “simphonie”.
Monsieur de Pourceaugnac (B. Bremer).
 
Confiée à Vincent Tavernier, familier des lectures baroques, cette vision surprend, loin des images stéréotypées accolées traditionnellement au genre. Pas de gestuelle d’époque obstinée, ni de travail maniaque sur l’accent supposé des mots. En revanche, une nouvelle signification est à lire dans le décor, piégé par des perspectives en trompe-l’œil et surtout une machinerie inquiétante : trappes par lesquelles entrent ou sortent d’étranges personnages, propres à dégoûter du mariage le crédule Pourceaugnac.
C’est l’étonnant Pierre-Guy Cluzeau qui l’incarnait à Pontoise. Un Pourceaugnac allergique au plaisir, mais pour le reste ganache atypique, égoïste, le chef de troupe éprouvé qu’il est s’entendant à merveille avec l’inventive Marie-Geneviève Massé et ses danseurs-poètes. Telle quelle, on se souviendra de cette production et de son bonheur collectif, certes coloré d’emprunts fréquents à la commedia italienne, mais qui s’écoute et se voit sans le moindre ennui, les Musiciens de Saint-Julien étant ici un dernier et heureux partenaire en phase avec les traditions orales, sous la souple direction de François Lazarevitch, par ailleurs flûtiste ailé durant la même soirée.
(19 octobre 2012)
Roger Tellart

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