Jean-Jacques Kantorow à l’Orchestre d’Orléans

Antoine Pecqueur 19/11/2012
Le violoniste et chef d’orchestre prend cette saison la direction de l’Orchestre symphonique d’Orléans, où il succède à Jean-Marc Cochereau, décédé en janvier 2011. Il détaille pour nous son projet à la tête de cette formation.
Dans quel état avez-vous trouvé l’Orchestre d’Orléans ?
L’Orchestre est dans l’état où l’a laissé Jean-Marc Cochereau, c’est-à-dire très bon ! Il est rare de voir un orchestre aussi motivé, aussi engagé. C’est une phalange à temps partiel, où les musiciens sont cooptés. Les profils sont variés : on trouve des enseignants, des grands élèves du conservatoire, des free-lance de Paris, et même des amateurs. Il y a chez ces musiciens une ferveur que l’on perçoit parfois difficilement dans les orchestres permanents. Preuve de ce succès, l’Orchestre joue chaque programme à trois reprises devant une salle pleine.

Que souhaitez-vous développer lors de votre mandat ?
J’aimerais faire rayonner davantage l’Orchestre dans la région, le faire participer à La Folle Journée et même, si possible, développer des tournées à l’étranger et des enregistrements discographiques. Mais c’est, bien sûr, aussi une question de budget... Il me semble en tout cas important de développer une identité sonore, grâce à un travail sur l’écoute. Des programmes d’œuvres classiques de Mozart, Haydn ou Beethoven sont en cela très formateurs. Par ailleurs, le répertoire de la musique contemporaine a été jusqu’à présent peu développé. Il faut sensibiliser le public à ce domaine, en commençant par exemple avec des œuvres néoclassiques, comme celle de John Taverner programmée en mars prochain. Cette saison, j’aborde en outre des partitions que l’Orchestre n’avait jamais jouées, comme le Concerto "A la mémoire d’un ange" de Berg et la Symphonie fantastique de Berlioz.

Comment conciliez-vous vos activités de violoniste et de chef ?
En ce qui concerne le violon, j’arrive à un âge où j’ai fait le tour du répertoire. Je donnerai donc mon dernier concert en décembre au Japon. Cela ne m’empêchera toutefois pas de jouer avec mon fils ou de participer à un disque. Du côté de la direction d’orchestre, je prends également cette saison la tête de l’Orchestre de Douai, où j’ai trouvé un véritable esprit d’équipe, et dont la mission est complémentaire de celle de l’Orchestre national de Lille. Je dirige en parallèle très régulièrement le Sinfonia Varsovia et d’autres formations en Europe.

Votre fils, Alexandre Kantorow, âgé de 15 ans, est l’un des solistes de la saison orléanaise. Pouvez-vous nous le présenter ?
J’ai toujours été contre le népotisme. Mais il serait pour autant ridicule de fermer la porte à ceux dont on est proche. J’invite Alexandre pour ses qualités : il est très brillant et précoce, il passe d’ailleurs cette année son baccalauréat scientifique. Il va droit au but et a une vraie soif de musique. Il est aussi à l’aise dans Bee­thoven que dans Rachmaninov.
Antoine Pecqueur

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