"Les Boulingrin" de Georges Aperghis, salle Favart

Philippe Thanh 01/06/2010
Première création mondiale de l’Opéra-Comique depuis l’arrivée de Jérôme Deschamps, Les Boulingrin de Georges Aperghis – d’après la pièce de Courteline qui fit les beaux soirs du Grand-Guignol en 1898 – est une réussite, d’abord par l’interaction parfaitement huilée entre texte et musique.

Une proximité renforcée par le dispositif scénique de Laurent Peduzzi : une maison vue en coupe, comme une grande maison de poupée, abrite les musiciens du Klangforum Wien, répartis dans différentes pièces, mais aussi M. et Mme Boulingrin que l’on voit dans leur salon au lever de rideau. Le texte est particulièrement grinçant : un pique-assiette, Des Rillettes, s’invite chez les Boulingrin qu’il croit un couple bien tranquille et se retrouve pris dans les feux croisés d’une scène de ménage d’une violence inouïe, la femme finissant par tirer sur son mari et mettre le feu à la maison ! La musique, elle, colle au plus près à l’intrigue et souligne ou amplifie les échos de la dispute qui tourne au drame. On regrettera seulement que les (remarquables) chanteurs – Jean-Sébastien Bou, Doris Lamprecht, Lionel Peintre et Donatienne Michel-Dansac – soient limités à une sorte de Sprechgesang ou à des onomatopées qui ne valorisent guère leurs ressources vocales. Mais ils servent au mieux la pièce, se révélant d’excellents et parfois inattendus comédiens, grâce au travail millimétré de Jérôme Deschamps. (12 mai)   

Philippe Thanh

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