Vêpres festives à Notre-Dame

Roger Tellart 20/12/2012
Huit siècles et demi pour Notre-Dame de Paris, dont la construction fut mise en chantier par l’archevêque Maurice de Sully en 1163. Le bel âge pour une cathédrale qui fêtera cet anniversaire en musique tout au long de l’année à venir. Et quelle musique !
(DR)
 
Pour le premier concert de cette célébration, ce fut celle des Vêpres de la Vierge de Monteverdi, ce monument où l’auteur brise le cadre formel traditionnellement associé au style d’église, jusqu’à emprunter ses tournures à l’opéra nouvellement né (naissance où il fut d’ailleurs fondamentalement impliqué avec son Orfeo de 1607).
De fait, en réveillant le Vespro, les responsables des Concerts de Notre-Dame proposaient le meilleur des choix, le Crémonais, répétons-le, étant à la fois le père de la modernité opératique et l’initiateur du style moderne au sanctuaire, via précisément cet impressionnant office marial où le sentiment dévot, à la croisée des styles et des manières (contrepoint, monodie, polychoralité…), se  pare d’une expressivité neuve, sans cesser  d’être liturgique. 
Le problème, dans tout cela, c’est qu’une telle diversité de moyens réclame des interprètes supérieurement  motivés, à l’image des chefs de file de l’approche baroque.  Des  qualités  auxquelles ne se haussait pas toujours tout à fait l’émouvante relecture pluraliste dirigée par Lionel Sow (une Sonata à 8 un peu trop sage, peut-être). Mais les intentions y restaient excellentes, dont témoignait tout à la fin un Magnificat fervent et aux justes gradations dynamiques. N’omettons pas, non plus, de saluer l’expérience instrumentale apportée dans la restitution par les Sacqueboutiers de Toulouse, conduits par le cornetto de Jean-Pierre Canihac, orfèvre en matière de cuivres d’époque, ni, côté voix, les sopranos de Cécile Achille, Aurore Bucher, les ténors de Bruno Boterf, Vincent Bouchot et Marc Mauillon, les basses de Virgile Ancely et Frédéric Bourreau… Ceci, sans oublier le chœur d’enfants de la Maîtrise de Notre-Dame, où se devinaient bien des promesses. (18 décembre)
Roger Tellart

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