Le pianiste Till Fellner triomphe, salle Gaveau

Roger Tellart 28/01/2013
Consécration parisienne pour Till Fellner dans un programme qui le confortait dans son rôle d’avocat privilégié des classiques viennois, entre autres. C’est que, à l’époque des machines virtuoses qui n’ont rien à montrer hors leur hyper-technicité (à chacun de mettre ici le nom qu’il désire), le pianiste autrichien s’impose à 40 ans comme un maître et un guide.

(DR)
 
Et d’abord, précisément, dans la Vienne de Haydn et Mozart avec la si pénétrante Sonate n°47 en si mineur du premier nommé, composée en 1776 au service du Prince Nicolas Esterhazy (dit le Magnifique) et riche d’une sensibilité à fleur de note…
Puis mis en appétit par la convivialité haydnienne, Till Fellner va au cœur du mystère mozartien avec la Sonate n°15 en fa majeur qui n’en est pas une: d’abord simple Rondo, puis somptueux triptyque quand Wolfgang lui eut ajouté Allegro et Andante en janvier 1788.
Aussi bien, le  soliste était, l’autre soir, en état de grâce, ce dont témoignaient cent petits détails; à commencer par ces subtils accents rythmiques, signes d’une tension maîtrisée qui ne trompe pas.
Enfin, l’entracte passé, Fellner en venait au Second Livre du Clavier bien tempéré de Bach avec quatre Préludes et Fugues innocemment proposés en manière de test. Reste que sous la simplicité  du propos, ce genre d’épreuve est redoutable pour les meilleurs. En tout cas, avec pour seules armes sa simplicité et un bonheur de toucher et de phrasé digne d’un Richter ou d’un Fischer,  Till Fellner faisait valoir exemplairement sa différence, avant de conclure sur des Etudes symphoniques opus 13 guidées de bout en bout par un juste élan schumannien. (25 janvier)
Roger Tellart 

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