Les Dialogues des carmélites à Toulon

Philippe Thanh 29/01/2013
L’Opéra de Toulon a marqué d’une pierre blanche le cinquantenaire de la disparition de Francis Poulenc en présentant une nouvelle production des Dialogues des carmélites.

Dialogues des carmélites à l’Opéra de Toulon (R. Martin)
 
Signée Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil, la mise en scène évite la reconstitution historique et situe l’intrigue dans un univers hors du temps. Comme une “installation”, une grande croix couchée occupe l’espace de jeu ; les pierres et les galets qui la constituent, dispersés à l’acte 3, marqueront avec une grande force la dévastation du carmel. Seule réserve à cette lecture tout entière au service de la partition, la scène finale où la musique bouleversante de Poulenc ne trouvera guère d’écho dans la représentation dénuée de force du martyre des religieuses.
Pour autant, ces Dialogues sont une réussite, grâce à une belle distribution qui s’organise autour d’Ermonela Jaho, Blanche de La Force à la voix prenante, homogène et au timbre de velours. Autour d’elle, Sophie Fournier revient à sa tessiture de mezzo et incarne une Mère Marie autoritaire, tandis que Virginie Pochon séduit en Sœur Constance. Si aujourd’hui la voix de la grande Nadine Denize lui échappe par moments, cela n’en donne que plus de vérité à l’agonie de la Première Prieure. On sera plus réservé à l’égard la Nouvelle Prieure d’Angeles Blancas Gulin dont la diction impossible détonne au sein d’une équipe qui prend soin du beau texte de Bernanos. Chez les hommes, Laurent Alvaro en Marquis de La Force et le jeune ténor Stanislas de Barbeyrac en Chevalier n’appelle que des éloges : puissante projection de la voix chez le premier (sans renier les nuances pour autant), beauté de la ligne de chant chez le second. On n’oubliera pas la belle et sensible interprétation du ténor Olivier Dumait (l’Aumônier).
Le spectacle signait aussi le retour de Serge Baudo dans une fosse d’orchestre. Le chef, qui avait cessé de diriger des opéras depuis une douzaine d’années, n’a pas résisté à l’appel de la partition de Poulenc qu’il défend avec amour et style. Sous sa direction attentive, l’Orchestre de l’Opéra de Toulon paraît – c’est de circonstance – touché par la grâce. (27 janvier)
Philippe Thanh

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