Pour une Société protectrice des artistes !

15/01/2008
La lecture du dernier numéro 351 de La Lettre du Musicien me donne une nouvelle occasion de vous exprimer ma profonde estime pour vos prises de position courageuses.
Vous dites tout haut, ainsi que William Christie, ce que bien des gens pensent tout bas concernant la grossièreté du public parisien assortie d’une bonne dose de prétention.

Non seulement j’approuve totalement vos propos mais il me semble même que, dans le milieu musical et paramusical, la vulgarité et le manque total de respect ne se limitent pas aux réactions du public : je n’en voudrais pour preuve que l’accueil que les agents (ce serait leur faire trop d’honneur que de les nommer “impresarii”, ce terme ne recouvrant aujourd’hui aucune réalité) réservent aux artistes lorsqu’ils daignent être accessibles à ces derniers ; j’ai toujours pensé que ces gens étaient plus difficiles à joindre qu’un chef d’Etat, même en régime communiste ! Leur demander d’aider un artiste à se produire en concert paraît correspondre à un crime : quoi de plus naturel pourtant que de souhaiter se faire entendre quand on en a la capacité, le désir et l’énergie ? J’ai pourtant dû m’entendre répondre récemment par deux de ces dames que je n’étais « ni jeune, ni russe » ; j’ai remercié le ciel que les cocotiers ne poussent pas dans la région parisienne : la force de jouer (mon Dieu, pas trop mal encore) et le désir de communiquer suffiraient-ils à me donner l’énergie de rester cramponné aux branches supérieures de cet arbre ?

Il semble que toute la méchanceté et la grossièreté de notre société soient exacerbées dans un milieu où l’on s’attendrait à ce que la musique adoucisse les mœurs.

Il est bien certain qu’entre le directeur d’un festival dans une localité de 3 000 habitants et feu Michelangeli, l’un a le pouvoir et l’autre n’a que son génie : quelle thérapie de frustration pour l’organisateur !
Je crois que dans une période de décélération culturelle, nous devrions tous nous serrer les coudes, artistes, agents, critiques…, pour éviter d’être en partie responsables d’une destruction possible de ce que l’on appelait “Musique” au temps où Mozart écrivait son Requiem, celle-ci évoluant lentement mais sûrement vers les niaiseries actuelles… S’il est vrai que l’homme descend du singe, il ne faudrait pas qu’il soit trop pressé d’y remonter : qui va créer la Spaa, la Société protectrice des artistes contre les abandons et mauvais traitements?

Désiré N’Kaoua,
pianiste
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