Monteverdi, Frescobaldi, Rossi…
en l’église des Billettes

Roger Tellart 26/03/2013
La soprano Emmanuelle de Negri et la mezzo Anne Destrael ont donné, en l’église des Billettes à Paris, un récital remarqué à la gloire du premier baroque avec un choix d’airs et de duos empruntés au grand pourvoyeur Monteverdi, accompagné de trois de ses valeureux continuateurs dans la modernité du stile nuovo, à partir d’une théâtralité fondatrice dont fera son miel l’opéra.

Emmanuelle de Negri (B. Lasri)

Dans ce répertoire des commencements, les mêmes recettes sont à appliquer aux disciples comme au modèle, la leçon d’humanité trouvée, au départ, chez le Crémonais n’ayant pas changé de nature en passant par Frescobaldi et Luigi Rossi (petite parenthèse : l’Espagnol Diego Ortiz qui sonne comme un hommage à la virtuosité des premiers maîtres de la variation instrumentale au clavecin ou à la vihuela). 
Aussi bien, responsables majeures du présent réveil, Emmanuelle de Negri et Anne Destrael ménagent un équilibre subtil entre déclamation et mélodie, avec ce frémissement de vie qui est au cœur du recitativo et des premiers exemples de chant baroque (magique invocation de la Musique, sublimée par Emmanuelle de Négri). Un grand moment de réveil baroque s’est joué là, mêlant grandes et petites choses avec une rare intelligence des mots (Si dolce il tormento, miraculeuse miniature, entre autres). Cependant qu’une équipe instrumentale inattaquable confortait le bonheur des voix (distinguons-y le théorbe de Jonathan Dunford, le violon de Gilone Gaubert-Jacques et le clavecin d’Ivan García), l’émotion ne cessant pas d’être dictée ici par un rythme fondamental imité, en toute occasion, de la parole. (22 mars)
Roger Tellart

Pour lire la suite ( %) choisissez votre offre :

Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner
Cet article premium

Acheter cet article
Pack (crédité 12 €)

10 €

Acheter un pack
Mots clés :
Partager:

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous