A propos de la validation des acquis de l’expérience

15/06/2008
Après les nombreux courriers que nous avons publiés de candidats à la VAE, nous en publions un de Marc Bleuse, directeur du CESMD de Toulouse et, à ce titre, membre de plusieurs jurys. Il suscitera sans doute encore bien des réactions.

J’ai dû, ès qualités, participer à quelques jurys, tous placés sous la présidence d’un inspecteur désigné par la DMDTS. S’il m’est arrivé à la marge, de regretter telle ou telle décision collégiale – mais c’est la loi du genre –, tous les jurys auxquels j’ai participé se sont déroulés avec le plus grand sérieux ; et Dieu sait que je n’ai pas la réputation de voler systématiquement au secours de notre tutelle.


A en croire certaines déclarations, les membres du jury auraient posé des questions stupides, embarrassantes ou farfelues. Dois-je me faire l’écho d’un certain nombre de réponses de candidats à des questions assez élémentaires et de circonstance, telles que, pour le piano : « Pouvez-vous nous parler des répertoires utilisables en deuxième cycle dans l’œuvre de Beethoven ? » Et le candidat de répondre : « Comment dites-vous ? Beethoven ? Soyez gentil, celui-là je le connais mal. » Ou encore, toujours pour la même discipline, en évoquant les cahiers de Mikrokosmos de Bartok, nous avons obtenu comme réponse : « Vous avez décidé de me piéger, on ne peut pas tout connaître. » Même si de pareilles réponses restent l’exception, les jurys pourraient pourtant éditer un recueil relativement épais relatant les perles, parfois savoureuses et souvent tristes lorsqu’elles révèlent la misère de certains candidats qui n’ont pas conscience de leur inaptitude à enseigner ces disciplines.

En conclusion, je suis obligé de m’étonner que les candidats malheureux aux examens du DE comportant des épreuves techniques et pédagogiques, n’adressent pas à la presse l’expression de leur indignation après un échec. Voilà qui alimenterait les colonnes de nos revues spécialisées.

Et que dire enfin des candidats titulaires du CA ou du DE qui n’obtiennent pas leur inscription sur les listes d’aptitude à l’issue des concours du CNFPT alors que leurs compétences ont été attestées par des professionnels ? Pourquoi les médias ne se sont-ils jamais fait l’écho de la déconvenue de ces musiciens laissés sur le bord de la route par la mise en place de ce dispositif en 1992 ? Une procédure qui coûte des sommes astronomiques au Trésor public et fait un tort considérable aux professeurs et assistants spécialisés en terme de déroulement de carrière… Voilà un sujet qui mériterait un débat !

Marc Bleuse

(La Lettre du Musicien s’est, elle, toujours fait l’écho de ces problèmes, NDLR).

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