A Rouen, un Requiem de rencontres au temps de Bach

Roger Tellart 10/06/2013
L’église Saint-Sever à Rouen accueillait l’ensemble Ludus Modalis pour un concert intitulé “Un requiem au temps de Bach”, mêlant des pages de Schütz et de Bach.

(DR)

Mais d’abord, quelques points d’histoire. L’Allemagne luthérienne du 17e siècle, ravagée par la guerre et les épidémies, sut tirer de ses convictions religieuses la matière d’un premier âge d’or musical. Une école d’une expressivité et d’une spiritualité encore inconnues outre-Rhin s’y épanouit alors, où Heinrich Schütz (maître de la chapelle du duc de Saxe durant plus de 40 ans) précède Jean-Sébastien Bach exactement d’un siècle.
Né en 1585, le Sagittarius (comme disaient les contemporains) est tout ensemble un homme de la Renaissance et du baroque. De cette ambivalence, Bruno Boterf sait tirer le meilleur parti à la tête de son ensemble Ludus Modalis, (singulièrement à l’aise dans les deux époques) pour proposer dans un même élan un office funèbre à la gloire de Schütz et Bach, ces deux fondateurs incontournables de la si riche école germanique. Ainsi des extraits très émouvants des Musikalische Exequien ou “obsèques musicales” que l’Orphée saxon écrivit en 1635 pour son ami le prince Posthumus von Reuss à la veille de sa mort, se mêlent à des pages polyphoniques tout aussi inspirées du Cantor de Leipzig, la touche personnelle y étant le fait de Bruno Boterf qui adoucit dans une perspective intimiste ce que la spiritualité schützienne peut parfois garder d’austère. Sans conclure, on n’oubliera pas le bonheur d’écoute de cette reconstitution défendue par une équipe vocale et un instrumentarium (d’époque) inattaquables. (7 juin)
Roger Tellart  

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