Montpellier ressuscite La Vivandière

Philippe Thanh 30/07/2013
L’un des atouts du Festival de Radio France et Montpellier est de faire découvrir au public des œuvres tombées dans l’oubli. Ainsi, cet été, de La Vivandière de Benjamin Godard, dont on n’entend plus guère aujourd’hui que l’air « Viens avec nous, petit… », gravé par Marilyn Horne dans les années 1980.

Etienne Dupuis et Nora Gubisch (M. Ginot)
 
Violoniste précoce, Benjamin Godard (1849-1895) connaît le succès avec Jocelyn (inspiré de Lamartine), compose quelques concertos, de la musique de chambre, des pages pour piano, des romances et, miné par la phtisie, laisse sa Vivandière inachevée. Paul Vidal en orchestrera les parties manquantes pour la création en 1895 à l’Opéra-Comique, ou plus exactement au Théâtre-Lyrique : la salle Favart incendiée quelques années plus tôt était encore en reconstruction.  L’intrigue (le livret est d’Henri Cain) se déroule à la fin de la première guerre de Vendée : Marion est une vivandière au grand cœur qui favorise les amours d’une orpheline, Jeanne, et du sergent Georges, fils du marquis de Rieul, engagé incognito dans les armées de la République. Lorsque le marquis est arrêté, Marion le fera évader pour éviter que Georges ne prenne le risque de le faire lui-même. Tout finira bien, par un “sauvetage” un peu tiré par les cheveux,  la trêve décrétée par le général Hoche évitant à la vivandière l’arrestation.
Musicalement, le dernier ouvrage de Godard – qui fut un grand succès à sa création – est troussé avec plus de métier que d’inspiration, et ne recule devant rien de ce qui nous paraît aujourd’hui lourdement cocardier sinon pompier. Mais après tout, il s’agissait de distraire le public, avec une musique vive et allante qui correspondait bien à l’esprit du livret.
Autour du chef Patrick Davin, à la tête d’un Orchestre national de Montpellier luxueux ici, le festival a réuni une belle distribution emmenée par la Marion d’une Nora Gubisch en grande forme, belle diction et timbre somptueux. Autour d’elle, le ténor Florian Laconi (Georges) à l’aigu dardé, la jeune soprano Omo Bello, touchante Jeanne, et surtout l’excellent baryton Etienne Dupuis, voix de bronze et chant bien conduit, s’imposent de belle façon, tout comme Alexandre Duhamel, Franck Ferrari ou Sébastien Droy. Quant au Chœur de Radio France, il est ici à son meilleur. (24 juillet)
Philippe Thanh

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