"La VAE n’est ni un concours ni un examen."

15/10/2008
En réponse au courrier de Marc Bleuse (LM 359), l’Association des professeurs d’écoles de musique du Bas-Rhin (APEMBR) nous a fait parvenir une longue lettre ouverte, dont nous publions ici l’essentiel.
La VAE n’est ni un concours ni un examen. C’est, selon la loi, une évaluation des compétences du candidat à travers deux dossiers (1re et 2e parties) et un entretien avec un jury. Celui-ci peut, dans le cadre de la loi, orienter (ou réorienter) le candidat vers un métier plus approprié et qui lui conviendrait mieux compte tenu de son expérience. Le jury a pour mission d’examiner les deux dossiers et ensuite, durant l’entretien avec le candidat, de poser des questions. […]

Ce n’est pas un concours

Il se peut que les jurys aient travaillé avec sérieux dans les entretiens avec les candidats, mais dans l’ambiance “concours”. Nous voulons dire par là que la majorité des jurys avaient en tête: « Nous poserons une ou plusieurs questions qui nous renseigneront sur le niveau du candidat et on éliminera ceux qui ne répondent pas exactement ; les autres, nous les validerons partiellement ou complètement. » En clair, nous poserons des questions pièges. […]
Les grilles de lecture telles que décrites dans les annexes 1 et 2 de la circulaire d’Henry Paul nous apprennent que le jury doit mesurer l’expérience du candidat VAE et le comparer aux exigences du diplôme visé par le candidat. […] Mais est-ce que vous êtes en état de pouvoir fournir un programme de piano ou d’un autre instrument, conforme au premier objectif du “référentiel de compétences” : « Concevoir et réaliser un enseignement musical pour des élèves de tout profil et âge, du niveau débutant jusqu’à l’accès au cycle d’enseignement professionnel initial. » ? […]
Sans un programme qui corresponde à tous les objectifs du Référentiel de compétences – en les développant de manière spécifique pour chaque spécialité instrumentale – digne de ce nom, les candidats “validation partielle” seront jugés « à l’à peu près » aux « je crois » et aux questions pièges. Dans une logique de concours, que feront les formateurs avec les validations partielles ? […]

Ce n’est pas un examen
La VAE n’est pas un examen, mais une « formation professionnelle diplômante ». Cela nous mène à la question suivante : quel est le pourcentage de ratage dans les DE à l’issue d’une formation en Cefedem ou au CESMD, par exemple ? Il nous semble qu’il est de plus de 40 %. Selon Jean de Saint Guilhem, le taux de réussite, à l’issue des formations Cefedem, serait de 30 %, en creux les ratages seraient de 70 %. Enorme ! Cela voudrait dire que :
a. ou bien les professeurs des Cefedem ou du CESMD sont très mauvais, et il faudrait qu’ils se posent des questions quant à leur enseignement ;
b. ou la majorité des étudiants candidats recrutés par les établissements de formation est feignante, stupide et inapte ;
c. ou il y a un numerus clausus (tenu secret) d’élèves élus que les examinateurs en tout genre ne peuvent pas dépasser ;
d. ou la formation dispensée est inadaptée ;
e. ou enfin, la légèreté et l’incompétence des jurys d’examen est telle qu’une majorité des élèves sont ajournés par leur capricieuse évaluation.
La mention “aucune validation” pose une question de fond : les jurys doivent déterminer l’écart existant entre l’expérience du candidat et les exigences du DE de professeur de musique. Quel est le degré qui sépare les “aucune validation” du niveau de ce diplôme ? On a peine à croire que, même en étant indigents dans certains domaines, les candidats qui ont exercé le métier de professeur, durant plus de trois ans, ne sachent rien (certains candidats ont plus de trente ans d’expérience !).
D’un autre point de vue, la mention “aucune validation” attribuée dans 41,5 % des cas démontre que la situation des élèves de musique et de danse doit être très mauvaise, car si 41,5 % des professeurs qui se sont portés candidats à la VAE sont nuls (“aucune validation”), imaginons le résultat si l’Etat organisait un contrôle général. 70 % de recalés et peut-être plus ? Ce serait lamentable. Nous serions dans une profession nulle, car ni les professeurs ni les formateurs ni les jurys n’ont l’intelligence de savoir organiser, de savoir transmettre, de savoir évaluer les contenus et objectifs d’un cours de musique et/ou de danse.
Wabeb Bekkar, président de l’APEMBR
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