L’Ensemble baroque de Limoges
met la clé sous la porte

Antoine Pecqueur 03/09/2013
La fondation La Borie-en-Limousin et Christophe Coin n’ont pas trouvé de terrain d’entente pour poursuivre l’activité de l’ensemble.
L’Ensemble baroque de Limoges (EBL) ne fêtera pas son trentième anniversaire. Fondée en 1984, la formation sur instruments anciens a cessé ses activités en fin de saison dernière. La raison : une divergence de point de vue entre le directeur musical de l’ensemble, le violoncelliste Christophe Coin, et la fondation La Borie, où l’EBL était en résidence.

Des points de vue divergents

« Nous n’étions plus en phase. En vingt ans, le panorama musical français a considérablement évolué, et la Fondation La Borie-en-Limousin est devenue un outil de travail de premier ordre qui ne pouvait plus être réservé au seul ensemble baroque. La Borie est en outre sans cesse appelée à s’impliquer davantage dans la vie musicale régionale », nous explique Michel Kiener, secrétaire du conseil d’administration. Christophe Coin observe, pour sa part, que « depuis que La Borie est devenue une fondation, le rôle de l’ensemble est une peau de chagrin. La Fondation a signé des conventions avec d’autres ensembles, sans même me prévenir. Le lieu a perdu l’atmosphère, l’âme que j’appréciais tant. Je ne pouvais plus m’identifier à ce projet. » Ces dernières années, La Borie a lancé un label de jazz, créé des “jardins sonores” (lieux d’expérimentation de créations sonores) et accueilli en “résident régulier” l’Orchestre de chambre Nouvelle Europe, une formation sur instruments modernes, dont la démarche stylistique, dans la lignée de l’école de cordes russe, est à l’opposé de l’EBL.

Près de trente ans de projets emblématiques

Christophe Coin et ses musiciens auront marqué le paysage de la musique ancienne par des projets emblématiques : le cycle des cantates de Bach, l’exhumation de compositeurs tombés dans l’oubli (Félicien David, Boëly, Albrechtsberger…), des colloques sur les instruments anciens (la viole de gambe, le piano­forte), l’enregistrement de 23 CD. « Je suis très reconnaissant du soutien apporté par les institutions, sans oublier la fidélité et l’engagement des musiciens. Malheureusement, ces dernières saisons, pour des raisons financières, l’ensemble avait de moins en moins la possibilité de monter des concerts en grand effectif », regrette le violoncelliste.
Une fois acté le départ de Christophe Coin, la Fondation a contacté différents musiciens de la mouvance baroque pour reprendre les rênes de l’EBL. Mais la démarche n’a pas abouti. La musique baroque aura-t-elle encore droit de cité en Limousin ? « Aux côtés du département jazz qui a fait ses preuves, la fondation entend continuer de développer un vrai “département classique” reconnu sur le plan national, dans lequel la musique baroque conservera une place éminente », répond Michel Kiener. Quant à Christophe Coin, il souhaite se concentrer sur le répertoire soliste et sur son travail avec le quatuor Mosaïques, sans perdre pour autant le contact avec la musique baroque en ensemble, « à travers un lien étroit avec la danse ».    
Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner
Mots clés :

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous