Loisir ou profession, la musique nous unit !

15/10/2008
Les uns pratiquent la musique comme un loisir. Les autres en ont fait leur métier. Ces deux modes d’être dans le monde musical sont-ils nécessairement étrangers l’un à l’autre ?
D’une frontière érigée sur la base de l’incompréhension naît la peur du dialogue. A contrario, l’absence de repères crée la confusion et nie les identités culturelles. Parlons plutôt de passage et de partage : qu’avons-nous de commun, que pouvons-nous nous apporter mutuellement ?

Milieu professionnel et milieu amateur se définissent et s’apprécient l’un en fonction de l’autre. C’est une évidence, l’un étant le miroir de l’autre.
Derrière ce miroir se révèle la dynamique commune qui nous porte. Le monde musical, en particulier celui des “souffleurs”, dont je suis, ne peut l’ignorer.
Enfant, j’ai appris avec des guides dévoués et passionnés appartenant au monde amateur. Nous avons été nombreux à emprunter ce chemin qui, après des années de travail et de plaisir, nous a conduits sur la voie de l’excellence professionnelle. Nous sommes parvenus à vivre notre passion, nous, enfants issus de milieux modestes, l’exemple le plus célèbre étant celui de Maurice André.
Pour autant, je ne me suis pas enfermé dans une tour d’ivoire. Bien au contraire. Nous nous devons de permettre aux jeunes de profiter de notre expérience. Je souhaite que nous soyons de plus en plus nombreux dans le milieu professionnel à tendre la main aux amateurs pour mettre en évidence ce trait d’union qui nous lie au nom d’une solidarité originelle.
La dynamique de qualité n’a de sens que si elle profite à l’ensemble des sociétés de musique, jusque dans les plus petits villages. Il ne s’agit pas de rivaliser avec l’Orchestre de la Garde républicaine ou avec l’Orchestre national de France, mais d’aider chaque musicien à donner le meilleur de lui-même.
La “proximité” est une affaire sérieuse, car tout ce qui est à l’échelle humaine a de quoi rassurer. Nous devons nous investir davantage auprès des petites sociétés rurales, de ces petites écoles de musique, sans oublier l’Education nationale. Le projet “Un orchestre à l’école” en milieu rural doit rendre la musique accessible à tous nos jeunes.
J’ai acquis la conviction qu’il faut organiser de plus en plus de rencontres musicales suivies d’animations, là où vivent les gens. Musiciens amateurs et professionnels, accordons-nous pour vivre ensemble d’heureux moments de musique !

Guy Dangain

Guy Dangain a été clarinette solo à l’Orchestre national de France et professeur au Conservatoire de Paris.
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