La salle Favart accueille Manfred de Schumann

Philippe Thanh 11/12/2013
En programmant pour son spectacle de rentrée, le mélodrame de Schumann, l’Opéra-Comique a joué la carte de l’originalité, une carte qui n’était pas forcément un atout maître…

Manfred, salle Favart (J. Etienne).

Il faut dire que Manfred est tout sauf une œuvre homogène. Inspirée du texte fleuve de Byron, la pièce de Schumann compte une célèbre ouverture, deux quatuors vocaux, un superbe requiem, que rien ne relie entre eux hormis le texte parlé (les deux tiers de la durée du spectacle). Faut-il dès lors mettre en scène Manfred ou en donner une version concertante ?
Question légitime quand on voit, salle Favart, le côté décousu de l’ouvrage résister à la tentative de mise en scène d’un homme de théâtre aussi averti que Georges Lavaudant. A défaut de véritable inspiration, le metteur en scène plonge le plateau dans la pénombre, sinon dans l’obscurité, appareille les deux comédiens (dont le formidable Pascal Rénéric) de micros et les amplifie à l’extrême. Le résultat est déconcertant et ne sert pas vraiment le texte au romantisme noir et torturé.
La Chambre philharmonique dirigée par Emmanuel Krivine mettra quelque temps à se trouver, tant pis pour l’Ouverture, mais malgré tout c’est de la fosse et de l’excellent chœur Les Eléments que viendront les beaux moments de la soirée… (9 décembre)
Philippe Thanh
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