Concours des Grands Amateurs, la cuvée 2014

Magnifique finale du 25e Concours des Grands Amateurs de piano qui mettait en présence, dans le grand amphi d’Assas à Paris le 9 mars, six pianistes de très haut niveau.
June Wu (consultante en management, New York) nous séduit immédiatement avec une magnifique Toccata BWV 914 de Bach. Sensible, dotée d’une belle sonorité, la pianiste construit cette œuvre avec beaucoup d’intelligence dans la clarté des plans sonores. La Première Ballade de Chopin, animée de beaucoup d’élégance et de charme, oscille entre confessions et drame, superbement. (3e prix ex aequo)
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Mickhaïl Dubov (étudiant à l’Ecole des hautes études en sciences économiques, Moscou) est un ravélien de premier plan. Les extraits de la Sonatine, raffinés, souples, aux sonorités cristallines, magnifiquement timbrés, avec un sens du tempo extraordinaire, nous envoûtent totalement. Même impression avec Un sospiro de Liszt, scintillant, émouvant. Les pièces de Kapustin donnent toujours aux pianistes l’occasion de montrer leur endurance et leur technique à défaut de nous emporter musicalement. (3e prix ex aequo et prix du jury de la presse)
David Saadia (étudiant en mathématiques fondamentales à l’université Pierre-et-Marie-Curie, Paris) au fort tempérament artistique, nous entraîne dans des visions hors normes. Une liberté frisant parfois l’incohérence stylistique genre Glenn Gould ou Vladimir de Pachmann peut le faire prendre pour un excentrique du piano. Cependant, on est confondu devant la maîtrise technique de l’instrument, notamment lors de l’Etude op. 10 n° 1 de Chopin jouée quasiment pianissimo et sans pédale. (6e prix)
Antoine Moreau (dirigeant d’une société de gestion de portefeuilles, Vichy) quelque peu tendu dans le Scherzo n° 1 de Chopin, un peu besogneux, triomphe dans le Choral et Variations de Dutilleux. (1er prix et prix Flora-Stafford)
Johannes Gaechter (programmeur Internet, Ditzingen) atteint peut-être ses limites avec des extraits des Sonates op. 2 n° 3 de Beethoven et op. 58 de Chopin dont il n’est pas facile de défendre l’unité lorsque l’on n’en joue que des extraits. (5e prix)
Thomas Prat (analyste quantitatif, Paris), après un beau Sonnet de Pétrarque de Liszt, lyrique et intense, aborde la Septième Sonate de Prokofiev avec toute l’énergie fracassante voulue, la poésie et la tenue d’un pianiste professionnel. (2e prix et prix du public)
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