Verbier : un festival très en voix

Philippe Thanh 13/09/2010
La voix avait la part belle et le programme était copieux, lors du dernier week-end du 17e Festival de Verbier avec, d’abord, le concert donné par les stagiaires de l’Académie du festival : une Bohème de Puccini donnée en version chambriste (dix musiciens dirigés par la baguette prometteuse du tout jeune Ilyich Rivas).
Le forfait de Rolando Villazon et d’Hélène Grimaud a conduit le directeur du festival, Martin Engstroem, à remplacer in extremis le Liederabend prévu par un récital de lauréats du concours Operalia. Un programme qui faisait la part belle à l’opéra italien avec trois jeunes chanteurs accompagnés avec tact par la pianiste Sarah Tysman : la soprano américaine Angel Blue, qui a pour elle une indéniable présence, le ténor grec Dimitrios Flemotomos, une voix, un timbre qui retiennent l’attention, et l’excellent Marco Caria qui renoue avec la tradition des grands barytons italiens dans des airs de Verdi.
Changement de genre, une heure plus tard, avec Elisabeth Leonskaja qui concluait son intégrale des sonates de Schubert (neuf récitals qui ont ponctué ces quinze jours de festival). Au programme, la Sonate n° 13, œuvre de jeunesse qui semblait juste servir de zakouski avant l’immense Sonate n° 23. Un premier mouvement tout en nuances laissait augurer une interprétation mémorable, mais au début de l’Andante, des détonations sont venues troubler la pianiste : c’était la veille de la fête nationale suisse. Le cœur n’y était plus et la sonate s’est achevée dans une parfaite maîtrise technique, mais sans l’état de grâce qu’annonçait son début. Pas question pour la Leonskaja d’en rester là et ce sont les quelque 20 minutes d’une Wanderer-Fantaisie d’anthologie qu’elle offrit en bis.
Le lendemain, Salomé de Strauss venait clore les festivités. Un trio de stars faisait l’affiche – Deborah Voigt dans le rôle-titre, Siegfried Jerusalem et Gwyneth Jones incarnant le couple Herode-Herodias –, mais c’est le Jochanaan sonore et stylé d’Evgeny Nikitin qui subjugua le public. Il serait toutefois injuste d’oublier le remarquable Narraboth du ténor John Tessier. Valery Gergiev dirigeait et galvanisait les jeunes musiciens de l’Orchestre du Festival de Verbier qui ont servi cette œuvre avec fougue et passion. (30 juillet au 1er août)
Philippe Thanh
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