Duo violoncelle-piano au festival Jeunes Talents à Paris

Michaël Sebaoun 17/07/2014
Le clavier dans tous ses états, telle est la thématique de la 14e édition du festival Jeunes Talents, qui se déroule à Paris, jusqu’au 26 juillet 2014, et dont presque tous les concerts ont lieu aux Archives nationales.

Yan Levionnois et Guillaume Vincent (T. Bartel et J. Mignol).

Intitulé "Le violoncelle à travers les âges", le récital du violoncelliste Yan Levionnois et du pianiste Guillaume Vincent commençait avec la Sonate op.5 n°2 de Beethoven. La forme inhabituelle, en deux mouvements, l’esprit d’indépendance qui gagne la partie de violoncelle, déjà loin de son rôle historique de basse continue, ses contrastes de caractères, en font une "œuvre-monde".Il faudra passer l’introduction pour que les musiciens éliminent une certaine sécheresse de jeu, notamment du côté du piano.
Dreamtracks (2013) de Philippe Hersant, invité du festival cette année, porte d’emblée la marque du compositeur, avec son introduction au violoncelle seul, chant simple tourné vers l’ailleurs (faut-il y entendre des réminiscences, qui hantent le musicien, de quelque pièce extra-européenne ?). On retrouve ensuite dans l’œuvre tout ce qui appartient au style d’Hersant : séquences répétitives, dissonances fourmillantes et discrètes à la fois, écriture par superpositions de plans étrangers l’un à l’autre, influence de Ravel (avant-dernière section) ou de Greif, notamment dans le superbe choral polytonal de la fin.
Les Fantasiestücke op.73 de Schumann, sont à l’origine écrites pour clarinette. La version pour violoncelle est pourtant si schumanienne, intense, brûlante. Les musiciens en restituent parfaitement la fragilité nerveuse, qu’accentue la relative brièveté de la pièce.
Mais c’est peut-être dans la dernière œuvre du programme, la Sonate en ut majeur op.119 de Prokofiev, que les deux interprètes se montrent le plus impressionnants. L’écriture exacerbée du compositeur russe devient le terrain idéal de l’incroyable énergie du violoncelliste comme du pianiste. Leur remarquable association les conduit à une interprétation où âpreté du son et couleurs explosives se conjuguent. (12 juillet)
Michaël Sebaoun

 

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