La Grande Guerre en musique au parc floral de Vincennes

Suzanne Gervais 16/09/2014
L’ensemble Calliopée est depuis trois ans en résidence au musée de la Grande Guerre de Meaux et explore le répertoire de cette époque. Au parc floral de Vincennes, à l’occasion du dernier week-end du festival Classique au vert, une partie de l’ensemble accompagnait la jeune soprano Chiara Skerath dans un programme consacré aux “Musiciennes dans la Grande Guerre”. 
Les explications de l’altiste Karine Lethiec (directrice artistique de Calliopée) précédaient l’exécution de chaque œuvre. Le public semblait ravi de ces interventions pédagogiques, pertinentes et agréables. Pour commencer : quatre mélodies extraites du cycle de Fauré La Bonne chanson. Après une première mélodie timide et trop lisse, la soprano et les musiciens enchantent le public avec “Puisque l’aube grandit”. Les graves de la chanteuse sont magnifiques, la diction est impeccable : on a l’impression que le poème de Verlaine nous est déclamé avec une grande facilité. L’alto avait la part belle dans la troisième mélodie, avec une partie très lyrique. Ces quatre pièces étaient l’occasion pour Chiara Skerath de montrer l’étendue de sa palette expressive, passant sans peine de la ferveur poétique à l’espièglerie. 
Frédéric Lagarde au piano interprète ensuite le célèbre Menuet et la brillante Toccata du Tombeau de Couperin de Ravel. On déplore simplement la disposition de la scène : le pianiste est caché, au fond, par les pupitres qui n’ont pas été baissés, ce qui gâche quelque peu le plaisir de l’écoute. Le premier mouvement du Quintette de Lucien Durosoir, qui suit, se situe à mi-chemin entre le romantisme de César Franck et une modernité du langage harmonique assez frappante. On aimerait entendre les autres mouvements ! La complicité des musiciens et le plaisir qu’ils éprouvent à faire découvrir cette œuvre au public sont évidents.
Mais le grand moment du concert est sans aucun doute le Pie Jesu, œuvre ultime et poignante de Lili Boulanger. La sobriété de l’interprétation de Chiara Skerath sonne juste et émeut. L’œuvre est initialement écrite pour soprano, quatuor à cordes, harpe et orgue. Ici, le piano remplaçait les deux derniers instruments. Le chant s’élève, quasiment sans vibrato, dans une lente et grave déclamation, soutenu par la complainte chromatique du piano et les interventions des cordes. L’enthousiasme des musiciens, associé à l’énergie et à l’expressivité de la chanteuse ont convaincu l’auditoire. (13 septembre)
Suzanne Gervais

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