Dominique Rouits : laisser la place aux jeunes

Antoine Pecqueur 01/10/2014
A l’occasion des 25 ans de l’Orchestre de l’Opéra de Massy, son directeur musical revient sur les spécificités de cette phalange et nous parle de l’avenir.
Dans quelles conditions l’Orchestre de l’Opéra de Massy a-t-il été créé il y a 25 ans ?
L’Orchestre a été fondé quatre ans avant l’inauguration de l’Opéra. Le but était de former un public pour cet équipement. L’Opéra de Massy est une exception en Ile-de-France, où les théâtres n’ont généralement pas de fosse d’orchestre et ne peuvent donc programmer d’ouvrages lyriques. Nous avons d’emblée travaillé avec les professeurs de conservatoires, les chorales, nos musiciens allaient directement dans les écoles... Jean-Louis Martinoty fut le premier directeur de l’Opéra de Massy, Jack-Henri Soumère lui a succédé et est toujours en place. L’Opéra est notre berceau, mais nous sommes autonomes sur le plan financier.
Quelle est la situation économique de l’Orchestre ?
Notre particularité est d’avoir davantage de recettes propres (60 %) que de subventions. Ces dernières proviennent de la ville de Massy (20 %), de l’Etat (10 %) et du département (10 %). La région ne nous donne rien, car elle nous explique qu’elle a déjà son orchestre, l’Orchestre national d’Ile-de-France (Ondif).
Quelles sont vos relations avec l’Ondif ?
Dans le contexte actuel, nous avons tous intérêt à nous serrer les coudes. Et l’on manque de bras : il n’y a jamais assez de musiciens qui vont jouer dans les cités. A l’Opéra de Massy, d’autres orchestres sont invités, notamment des ensembles baroques ou des formations de musique contemporaine, ce qui est très bien. Par contre, cela serait regrettable si notre répertoire était joué par d’autres.

Outre le lyrique, vous donnez également des programmes symphoniques...
Nous avons effectivement une activité symphonique, majoritairement dans l’Essonne. Il nous arrive également de nous produire à Paris et d’avoir des projets parfois décalés : nous avons ainsi participé à la série télévisée "Joséphine, ange gardien". Cela nous apporte aussi une respiration sur le plan financier. Enfin, il ne faut pas oublier l’important volet d’actions pédagogiques et sociales que nous avons mis en place. Les générales d’opéras sont, par exemple, ouvertes aux élèves des collèges et lycées.

Votre fils, Constantin Rouits, dirige de plus en plus l’Orchestre. Préparez-vous votre succession ?
J’ai 65 ans, et je souhaite effectivement me retirer peu à peu en laissant la place aux jeunes. Si je ne m’en vais pas, l’Orchestre va mourir avec moi ! Aujourd’hui, j’ai deux chefs assistants : mon fils Constantin et Dominique Spagnolo, qui compose également des œuvres pédagogiques pour l’Orchestre. Je n’aurai pas forcément un seul successeur. La saison prochaine, Constantin dirigera le concert d’ouverture, et Dominique le concert de clôture. De mon côté, je souhaite me consacrer à certains répertoires, notamment les programmes pour cordes.

Propos recueillis par Antoine Pecqueur

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