Musique de chambre, de Brahms à Hindemith

Alain Pâris 14/11/2014
Plusieurs partitions chambristes à signaler, notamment une transcription pour trio avec piano du Sextuor de Brahms, ainsi que le singulier Quintette d’Hindemith.
La transcription qui était très en vogue au 19e siècle, souvent pour permettre une meilleure diffusion des œuvres, a été reléguée aux oubliettes avec le vent de purisme excessif qui a régné en maître au cours de la seconde moitié du siècle dernier. Grâce à la curiosité des jeunes générations qui n’hésitent pas à jouer les clavecinistes au piano et à exhumer de passionnantes adaptations, on redécouvre cet univers plein de richesses.
Brahms

Son Sextuor n° 1 en fait partie : lui-même avait donné le feu vert en le transcrivant pour piano à quatre mains, puis en offrant une version à deux mains du Thème et Variations à Clara Schumann. Plusieurs autres arrangements ont vu le jour, notamment celui de Theodor ­Kirchner pour trio avec piano, que publie Bärenreiter. Le piano s’y taille la part du lion, ce qui change la configuration générale, même si l’écriture est moins dense que celle de Brahms lui-même dans ses adaptations. Mais Kirchner ne se prive pas des basses que lui offre le piano, dont Brahms ne pouvait disposer dans la partie de second violoncelle. Il s’agit de l’un des derniers travaux éditoriaux du regretté Christopher Hogwood.

Hindemith

Le Quintette avec clarinette, dont Schott publie en volume séparé la première version de 1923, est une œuvre profondément originale. Au centre, un ländler dans lequel le clarinettiste troque son instrument en si bémol pour la petite clarinette en mi bémol : une véritable caricature des danses populaires autrichiennes ; il est entouré de deux mouvements très calmes et surtout, aux deux extrémités, par deux mouvements parfaitement symétriques, le finale étant la notation du premier en mouvement rétrograde, bel exemple de palindrome. Créé en 1923, ce Quintette n’avait pas été publié à l’époque. Hindemith l’avait remanié pour le faire éditer en 1954 et l’original n’était disponible que depuis 1986 dans le cadre de l’édition intégrale des œuvres de ce compositeur. Une version isolée qui fera des heureux.

Strauss

Chez Universal Edition, qui continue à rééditer ses partitions de poche sous un jour plus avenant (et plus lisible), on redécouvrira la Sérénade pour 13 instruments à vent, op. 7, du jeune Richard Strauss, avec un nouveau texte d’introduction trilingue riche en anecdotes vivantes.

Dvorak

Autre travail éditorial de titan auquel s’est attaqué Bärenreiter, l’édition en volumes séparés des œuvres de Dvorak telles qu’elles avaient été publiées en Tchécoslovaquie dans le cadre de l’édition critique entre les années 50 et les années 80. Une dernière livraison propose le Quatuor n° 5, le Quintette avec piano, op. 81, et le Quintette à cordes, op. 77. En dehors de quelques corrections pour mettre en harmonie parties et conducteurs, ce ne sont pas de véritables nouveautés.

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