Philippe Cassard et Schubert : un enchantement, salle Gaveau

Guillaume Decalf 29/11/2014
Essai transformé pour Philippe Cassard : après un magnifique enregistrement de la Sonate n°20 de Schubert (La Dolce Volta), le pianiste confirme son aisance lors d’un récital parisie, salle Gaveau. 

On est parfois surpris de la différence entre l’enregistrement d’une œuvre par un artiste et son interprétation de cette même œuvre en concert. Magie du disque, du moment privilégié de la captation, et désenchantement - voire cruauté - de la performance scénique font partie intégrante de la vie musicale. Heureusement, la surprise peut être bonne, excellente même : lorsque Philippe Cassard a interprété les sonates n° 19, 20, et 21 de Franz Schubert, les ultimes sonates du compositeur, dans le cadre de la saison "Les Grandes Voix - Les Grands Solistes".

Dans une salle Gaveau comble, Philippe Cassard confirme son excellence : après une Sonate n°19 réussie, mais tendue et parfois anxieuse - surtout dans l’Allegro final - le pianiste affiche une heureuse confiance dans la Sonate n°20. Le toucher est parfait et la technique irréprochable. Philippe Cassard déploie une large palette de couleurs et de nuances : le thème initial de l’Andantino est bouleversant d’émotion, de finesse, de sensibilité, comme pour mieux annoncer, en négatif, le chaos du thème central. Fracassantes, les ruptures sont amorcées les mains suspendues en l’air, et accompagnées d’un léger râle. Tout se lit sur son visage et dans ses gestes : violence, passion, recueillement, espièglerie (surtout dans le Scherzo), et même sa légitime satisfaction, lorsque résonnent les derniers accords du Rondo.

Le pianiste aborde ensuite avec beaucoup de sérénité la Sonate n°21 : simplicité et raffinement qui ne font pas oublier la rigueur. On note néanmoins un certain contraste entre l’approche passionnelle, incarnée, de la Sonate n°20 et celle plus mesurée - et peut-être un peu moins audacieuse - de l’ultime sonate ; contraste qui n’enlève rien à la qualité du jeu de Philippe Cassard, vivement acclamé par l’ensemble du public. (27 novembre)

 

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