Musique de chambre à la Sorbonne

Laurent Vilarem 02/12/2014
Le cycle Accrochages en Sorbonne, mêlant littérature et musique, consacrait sa première soirée à l’œuvre de Francis Ponge. Après une brillante lecture, la soirée offrait un beau concert de musique de chambre sous l’égide de l’altiste Gérard Caussé.

La poésie de Francis Ponge réveille en nous le souvenir scolaire de poèmes comme Le Galet ou Le Cageot. Pourtant, et c’est la première surprise de la soirée, la lecture qu’en donne le comédien Pierre Baux en révèle tout l’humour et la dimension religieuse. Car avec ses poèmes sur L’Araignée, La Figue voire... La Serviette éponge, le poète nîmois (1899-1988) magnifie des objets du quotidien et donne la parole à tous ces êtres vivants ou inanimés à « la beauté non reconnue ».

La partie musicale qui suivait fut malheureusement modifiée : en raison d’un deuil personnel survenu le matin même, Nicholas Angelich n’a pu assurer son œuvre soliste, mais a tenu sa place, et c’est le propre des grands artistes, dans le programme de musique de chambre. C’est ainsi que, en dépit de son émotion légitime, le pianiste franco-américain impressionnait par son jeu souverain - fait de maîtrise et d’intensité - au diapason de l’alto lyrique et chaleureux de Gérard Caussé dans la transcription de la Troisième Sonate pour violoncelle de Beethoven.

Outre un Quatuor de Fauré (avec la violoncelliste Julia Sevilla-Fraysse et le violoniste Lorenzo Gatto), l’événement de la soirée résidait dans la création de Sept Pièces pour alto solo de Gérard Pesson, librement inspirées de l’œuvre de Ponge. A l’écoute de ces miniatures, il est difficile de juger de l’influence du substrat littéraire. Il n’empêche qu’au travers d’une pièce où l’alto de Gérard Caussé prend soudain la couleur d’une flûte de Pan, Pesson suggère le décalage malicieux opéré par la poésie de Ponge. (26 novembre)

 

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