L’ONDIF ensorcelle la Philharmonie de Paris

Guillaume Decalf 30/01/2015
Pour son premier concert à la Philharmonie de Paris, l’Orchestre national d’Île-de-France dirigé par Enrique Mazzola ensorcelle le public dans un programme de Falla, Britten, Bizet, et Anna Clyne.
"Les exclus", drôle de fil directeur pour un tout premier concert à la Philharmonie de Paris ! Et pourtant, c’est bien cette thématique qui fut mise en avant pour lier trois des quatre pièces interprétées ce mardi 27 janvier par Enrique Mazzola à la tête de l’Orchestre national d’Île-de-France : L’Amour sorcier de Manuel de Falla, les quatre interludes marins extraits de Peter Grimes de Benjamin Britten, et les extraits des deux suites d’orchestre de Carmen de Georges Bizet. Le programme était complété par la création française d’une courte pièce de la britannique Anna Clyne, Masquerade, œuvre composée pour la dernière nuit des BBC Proms de Londres, l’an passé.

Thématique du paria, certes, mais quelle passion ! A la tête de l’ONDIF, Ernique Mazzola livre un Amour Sorcier puissant, sanguin mais subtil dans la danse rituelle du feu, et délicieusement recueilli dans le Cercle magique... Un bémol cependant : la sonorisation de Rocío Márquez, envoûtante Candelas. Si l’on ne peut que saluer encore et encore l’acoustique de la Philharmonie de Paris, la sonorisation des artistes lyriques - que l’on devine nécessaire, avec un public entourant pleinement la scène - est imprécise, et écrase parfois l’orchestre.

Après l’entracte, petit trait d’humour d’Enrique Mazzola pour présenter la pièce "contemporaine" d’Anna Clyne : nulle violence pour les oreilles - en effet - dans cette petite Masquerade, évocation d’une fête populaire dans un minuscule village. Suivent les quatre interludes marins de Britten, et une très juste traduction musicale du drame de Peter Grimes. L’orchestre saisit la douceur descriptive et les couleurs de l’"Aube" et du "Dimanche Matin", les entraîne finement vers la tension du "Clair de lune", pour mieux tout faire exploser dans la "Tempête".

Saluons la rencontre de l’ONDIF et d’Enrique Mazzola avec le public de la Philharmonie, particulièrement dans Carmen. Sourire au lèvre, le chef invite le public à accompagner de ses applaudissements l’exécution de la "Chanson du toréador". Une grosse tarte à la crème ? Non, juste une cuillerée de plaisir simple, une gâterie pour un public enchanté d’être là. (27 janvier)

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