Le Balcon fait son festival au théâtre de l’Athénée

Laurent Vilarem 28/05/2015
L’énergie déployée par Le Balcon fait merveille. Pour son festival parisien, le collectif dirigé par Maxime Pascal proposait deux spectacles en alternance, dont un inoubliable Lohengrin de Salvatore Sciarrino.

A Vincennes en 2012, Le Balcon créait Avenidas de los Incas 3581 de Fernando Fiszbein, un petit opéra de chambre explosif (lire ici). Pour sa reprise au théâtre de l’Athénée, il semblerait que le compositeur argentin ait ajouté près d’une demi-heure de musique et modifié en profondeur le livret. L’originalité du spectacle demeure : on retrouve la vie d’un immeuble de Buenos Aires, perturbée par trois saboteurs, avec une histoire déstructurée qui rappelle autant La Vie mode d’emploi de Pérec que la narration cinématographique. Mais l’écriture musicale perd en efficacité, en dépit d’intéressants jeux de timbres, et échoue à maintenir l’attention tout au long des scènes. Bien défendu par une troupe de jeunes chanteurs (parmi lesquels on citera le trio de saboteurs Guilhem Terrail, Pablo Ramos et Sydney Fierro), le spectacle vaut dès lors essentiellement pour la magnifique scénographie vidéo de Yann Chapotel, qui anime avec malice et profondeur l’écran sur la scène, nous donnant l’impression de connaître dans les moindres détails cet immeuble de la capitale argentine.

Donné après un court entracte, Lohengrin de Sciarrino s’impose comme une très grande réussite du Balcon. Le mérite en revient tout d’abord à la mise en scène limpide et lumineuse de Jacques Osinski qui s’inscrit au diapason de la musique. Dans cette relecture cruelle du conte du chevalier au cygne wagnérien, Elsa est transformée en patiente d’asile psychiatrique. Mais ce qui aurait pu devenir glauque est ici miraculeusement fascinant et onirique (là encore, superbes vidéos de Yann Chapotel). Dans la fosse, l’ensemble dirigé par Maxime Pascal rend avec grâce la musique "physiologique" de Sciarrino, bien soutenue par la sonorisation de Florent Derex qui amplifie idéalement les raclements, gargouillis et autres claquements de langue réclamés par la partie vocale. Car le véritable héros du spectacle, c’est Johan Leysen méconnaissable en Elsa. Le comédien belge se met à nu, au sens propre comme au sens figuré, et habite son personnage avec un engagement constant et une paradoxale douceur. (23 mai)

 

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