“Adriana Lecouvreur” à l’Opéra Bastille

Michèle Worms 26/06/2015
Tonnerre d’applaudissements, y compris pour le metteur en scène ! Du rarement vu à l’Opéra de Paris. Il est vrai que David McVicar a joué à fond la carte “reconstitution historique” du destin d’une grande comédienne du 18e siècle trompée par son amant et sans doute empoisonnée par sa rivale.
Jolis décors, costumes d’époque. Reposant. On attendait beaucoup d’Angela Georghiu, dont la prestation avait été précédée par des interviews assassines et mégalomanes dans la presse musicale : attaquant Alagna bien sûr, mais aussi Jonas Kaufmann, se déclarant la personnalité la plus importante de Roumanie… On comprend vite que le rôle n’est pas fait pour elle, trop doux pour une personnalité aussi volcanique (on pense à la si touchante Mirella Freni qui interpréta ce rôle il y a une quinzaine d’année sur la même scène). La présence scénique est réelle, la voix, très belle, manque toutefois d’ampleur : dans les duos, elle est couverte par Marcelo Alvarez qui campe, lui, un comte de Saxe plutôt tonitruant, homme à femmes et foudre de guerre. Certes, Angela Georghiu a de beaux pianissimos dans ses airs de douleur ou de nostalgie, mais sans émouvoir vraiment. En fait, c’est dans le mélodrame de Phèdre, où elle donne enfin libre cours à son tempérament de fureur et de jalousie, qu’elle est absolument magnifique ! A ses côtés Alessandro Corbelli campe un touchant Michonnet, vieil amoureux timide et Luciana d’Intino une solide Princesse de Bouillon, sombre à souhait. Daniel Oren entraîne l’orchestre de l’Opéra qui fait ressortir avec conviction les beautés de la partition. (25 juin)

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