Symphonies d’automne à Mâcon

Suzanne Gervais 25/11/2015
Les épreuves du 22e Concours de chant de Mâcon se sont déroulées du 4 au 15 novembre. Sur les 47 concurrents retenus, 6 finalistes étaient en lice : cinq sopranos et une mezzo, dont quatre françaises.
Tradition du concours, chaque année une mélodie imposée est commandée à un compositeur ; cette année, Nicolas Bacri. Les candidates ont donc interprété deux des trois mélodies avec piano du cycle Chants d’amour, composées sur des poèmes d’Emile Verhaeren. Puis, sous la direction d’Eric Geneste, l’Orchestre symphonique de Mâcon les accompagnait dans des airs d’opéra, pour la partie libre du programme.
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Un résultat attendu

Le verdict n’a surpris personne, c’est la soprano française Valentine Martinez, 30 ans, qui a remporté le premier prix. Son interprétation de la mélodie “Les Baisers morts” n’était sans doute pas la plus convaincante, mais elle a littéralement brillé dans ses deux airs d’opéra : en Chimène dans “Pleurez mes yeux”, extrait du Cid de Massenet, puis dans “Un bel di vedremo” de Madame Butterfly de Puccini. Outre une grande spontanéité dans les émotions et de belles qualités de comédienne, la chanteuse a fait montre d’une voix puissante alliée à un timbre clair et d’une grande fraîcheur. La Cité de la voix de Vézelay, représentée par son directeur Nicolas Bucher, s’associait pour la première année au concours et lui a décerné un prix spécial.
Le choix du public s’est quant à lui porté sur Marie-Pierre Roy, 29 ans, soprano léger, dotée d’un beau médium. Sa prestation très applaudie dans la mélodie “Vous m’avez dit” de Nicolas Bacri – délicatesse du vibrato, qualité de la prosodie – lui a valu le Prix de la mélodie. Côté opéra, elle avait choisi deux airs à effet : celui des clochettes de Lakmé et le deuxième de la Reine de la nuit de La Flûte enchantée.
Le public a ainsi pu constater à quel point les qualités musicales requises dans la mélodie peuvent différer de celles que demande l’opéra. La soprano arménienne Lussine Levoni, 34 ans, repartie sans prix, a ainsi fait montre d’un timbre magnifique aux aigus somptueux dans Bellini, mais n’a pas convaincu dans la mélodie.

Autres récompenses

La soprano Alice Lestang, 28 ans, s’est vue attribuer le Prix de l’orchestre et des techniciens et le prix Jeune talent féminin. Timbre clair, aigus agiles, elle a convaincu dans sa mélodie et dans un émouvant “Si mi chiamano Mimi” extrait de La Bohème de Puccini. Seule mezzo-soprano parmi les finalistes, Catherine Trottman, 23 ans, a remporté le 2e prix du concours ainsi que celui du Jeune espoir. Grande maîtrise technique et timbre riche, elle a proposé un beau “Noble seigneur salut” de Meyerbeer, après un Mozart quelque peu désincarné.

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