La Maîtrise de Paris, maîtrise capitale

Impressionnant exercice de styles et confondante musicalité du chœur de chambre de la Maîtrise de Paris en concert à l’auditorium du CRR de Paris avec un bouquet d’œuvres variées.

Le programme millefeuille de ce concert – une vingtaine de morceaux – de Bach à Bernstein en passant par Johann Strauss ou Schubert, permettait de mettre en valeur le savoir-faire et savoir-chanter de la formation et révèle un art consommé du style et du caractère. Le choeur passe d’une pièce à l’autre, d’un répertoire à l’autre avec une malléabilité remarquable et une très convaincante justesse d’intonation. Ainsi s’enchaînent la ferveur confiante du Bist du bei mir de Bach et celle, plus ondoyante, de l’Ave Maria de Brahms, les courbes haletantes du Ständchen de Schubert et le grand modelé de I Thank You God de Gwyneth Van Anden Walker.
Aux commandes de la Maîtrise depuis sa création il y a 35 ans, Patrick Marco installe ces climats en un instant et semble les façonner à loisir avec une direction qui n’est qu’intentions, un bras qui inspire et suggère, une gestique d’une évidente clarté qui donne la matière dense du Psaume 13 de Brahms ou celle plus aérienne du Psaume 23 de Schubert, le tourbillon élégant d’un rythme de valse chez Strauss ou la pétillance bondissante d’un extrait de West Side Story de Bernstein.
Tout y est, diction, précision, variété et ampleur des nuances, la musique respire,  pleine de reliefs et de couleurs, servie par la ductilité et la parfaite homogénéité des voix des 40 adolescentes dans un très remarquable travail de consonance des timbres. Servie également par Christine Lajarrige qui, au piano, n’accompagne pas mais plutôt dialogue et chante avec la Maîtrise, avec les regards qui se croisent, les respirations qui s’accordent. Elle dessine et phrase la musique avec une immense intelligence musicale, une présence palpable et discrète à la fois.
Pour un public manifestement conquis et insatiable, le bis se transforme presque en bœuf où se suivent les syncopes de Singing in the Rain, un gospel plus vrai que nature, la suavité de l’Ave Maria dit “de Caccini”, les rythmes fiers du Yole Canto de David Bruner… Un concert où l’excellence technique est au service de l’émotion, qu’elle soit joyeuse, ardente, recueillie ou exubérante, et où l’on a vu alterner francs sourires au coin des lèvres et discrètes larmes au coin des yeux. Chapeau bas. (25 mars)

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