Boris Giltburg rencontre Stephen Paulello, salle Gaveau

En prévision de son récital programmé le 4 juin prochain, le vainqueur du dernier Concours Reine Elisabeth de Belgique est venu spécialement à Paris pour tester un piano particulier : le tout nouvel Opus 102 du facteur français.

« En termes de qualité de projection, d’ampleur de rayonnement, je n’ai jamais rien joué de tel ! », s’enthousiasme Boris Giltburg au bout de deux heures de jeu. « La mécanique est rapide, réactive, les timbres parfaitement étagés, sans aucune confusion. Mais il faut d’abord apprendre à le dompter ! ».
De conception révolutionnaire, l’instrument est splendide. Sa structure a été fraisée directement dans la masse. Long de trois mètres, il est pourvu de 102 touches en ébène et ivoire, soit 14 de plus qu’à l’accoutumée. Large d’1 m 60, le clavier atteint l’ambitus inédit de huit octaves et une quarte (du do grave au fa), davantage de cordes signifiant davantage de vibrations par sympathie, de complexité, de richesse sonore. « En acier nickelé pour éviter l’oxydation, les cordes, obliques, sont disposées en parallèle pour favoriser une spatialisation, une régistration naturelles et remédier aux défauts acoustiques qu’engendre le croisement. Remplaçant les traditionnelles pointes, des boucles de chevalet en métal assurent le contact des cordes sur le chevalet, libérant celui-ci comme la table d’harmonie de l’énorme pression habituellement exercée. De fait, sans barrage, la table joue pleinement son rôle, mieux que dans un violon », explique Stephen Paulello. Le cadre est dépourvu d’entretoise. La mécanique, enfin, est exclusive : feutre tendu sur des marteaux en tiges en fibre de carbone et bambou.

« On tisse une relation avec un piano comme avec une personne vivante », poursuit Giltburg. « Un instrument doit inspirer, surprendre, propulser autant que rassurer. Le Paulello a une personnalité fascinante, unique, qui pousse à fuir le confort du connu, à revoir ses habitudes comme celles du public. Pour un artiste, c’est un défi qu’il faut relever en conscience ».

Pour son programme, le pianiste annonce la Chaconne de Bach (trans. Busoni), la deuxième Ballade de Chopin, sa propre transcription du Quatuor n°8 de Chostakovitch, les Etudes-tableaux op. 33 de Rachmaninov et la Sonate n°8 de Prokofiev. Choisira-t-il l’instrument de Stephen Paulello ? Réponse dans quelques jours, salle Gaveau... (18 mai)

Addendum : c’est finalement le piano de Stephen Paulello que Boris Giltburg a choisi pour son récital du 4 juin, salle Gaveau. (19 mai)

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