La saison lyrique 2016-2017

Philippe Thanh 07/09/2016
Dans un paysage lyrique marqué par quelques changements, on constate une tendance réjouissante à la diversification du répertoire. Certes, Mozart, Verdi, Puccini ou Rossini restent des valeurs sûres, mais ils partagent l’affiche avec davantage de compositeurs que naguère.
Œuvres du répertoire international ou français, tubes lyriques ou ouvrages oubliés, répertoire baroque ou opéras contemporains, productions nomades ou de grandes maisons… Il y en a pour tous les goûts et pour tous les budgets. Tour d’horizon de la saison lyrique en France et chez nos voisins francophones.

Mozart a toujours la cote

Chez Mozart, ce sont Les Noces de Figaro qui tiennent le haut du pavé avec quatre productions. Celle signée Christian Gangneron est affichée à Toulon en décembre-janvier, avec le Comte de Michal Partika, entouré de David Bizic, Camila Titinger, Giuliana Gianfaldoni… En février, Reims donnera à son tour la “folle journée” dans une mise en scène de François de Carpentries en février, puis à Angers Nantes Opéra. En mars, ce sera une nouvelle production vue par Patrice Caurier et Moshe Leiser qui sera donnée à huit reprises. Enfin, en mai, une production d’Opéra éclaté sera à l’affiche à Clermont-Ferrand, avec une distribution toute française. Pour ce qui est des autres Mozart-Da Ponte, on verra aussi deux Don Giovanni (Clermont-Ferrand en janvier, avec Till Fechner dans le rôle-titre, Versailles en mars sous la baguette de Marc Minkowski et dans la mise en scène d’Ivan Alexandre), un Cosi fan tutte mis en scène par Frédéric Roels et donné à Rouen en septembre puis à Massy en mai. Deux productions de La Flûte enchantée, l’une vue par Numa Sadoul à Nice en novembre (Anne-Catherine Gillet sera Pamina, Elizabeth Vidal la Reine de la nuit), l’autre par David Lescot (Christophe Rousset sera au pupitre) à Dijon en mars, un Enlèvement au sérail (donnée à deux reprises à Toulouse puis à Toulon) et une Clémence de Titus (Dijon) complètent un paysage mozartien finalement assez restreint.

Du côté des Italiens

Parmi les opéras de Verdi, sept titres seulement, dont un seul opéra de jeunesse, Ernani, donné à Toulouse dans une nouvelle production de Brigitte Jaques-Wajeman, dirigée par Daniel Oren (mars). Sinon, on pourra voir Aïda à Massy en novembre, La traviata à Reims en décembre, Un bal masqué à Toulon en janvier, Macbeth à Avignon en avril, Rigoletto à Nice (nouvelle production d’Ezio Toffolutti, en mai), Don Carlo à Marseille en juin.
Trois Tosca différentes à signaler parmi les opéras de Puccini, à Nice en janvier (production venue de Marseille, signée Louis Désiré), en mars à Massy (cinq représentations en quatre jours, avec double distribution, voire triple pour le rôle-titre) et à Tours en avril (nouvelle production mise en scène par Pier-Francesco Maestrini avec, au pupitre, le nouveau directeur de l’Opéra, Benjamin Pionnier). Metz affiche, en octobre, Le Triptyque (Il tabarro, Suor Angelica et Gianni Schicchi) dans la mise en scène du maître des lieux, Paul-Emile Fourny (on y entendra notamment Florian Laconi, Cécile Perrin…), tandis que le seul Gianni Schicchi est donné dans une version avec deux pianos de Mathieu Bonilla, qui tournera à Besançon et Dijon en avril, ainsi que sur différentes scènes nationales (Dunkerque, Quimper, Le Perreux…). Gianni Schicchi est aussi à l’affiche à Nancy, couplé avec L’Heure espagnole de Ravel (septembre) et à Montpellier, apparié cette fois avec La Nuit d’un neurasthénique de Rota (juin). Une Bohème programmée à Rouen en juin (production bordelaise de Laurent Laffargue) ne fera pas oublier l’absence de Madame Butterfly, Manon Lescaut ou Turandot de la saison.
Répertoire italien encore avec Rossini : point de Barbier de Séville, mais trois versions de La cenerentola. Antonello Allemandi en dirigera deux, une nouvelle signée Jean Bellorini avec l’Angelina d’Emily Fons à Lille en octobre, et une vue par Sandrine Anglade à Limoges en avril. Enfin, deux soirées de gala à l’Opéra royal de Versailles permettront de retrouver Cecilia Bartoli en février dans un des rôles qui lancèrent sa carrière. Quelques ouvrages plus rarement donnés réjouiront les fans du maître de Pesaro, tels Ermione sous la baguette d’Aberto Zedda à Lyon puis au théâtre des Champs-Elysées en novembre (version de concert, avec Angela Meade, Michael Spyres, Dmitri Korchak…), un Turc en Italie à Toulouse en coproduction avec Santiago du Chili, également en novembre (Pietro Spagnoli incarnera le rôle-titre), Armida qui verra Karine Deshayes affronter les écarts de tessiture du rôle-titre à Montpellier (février) ou encore une nouvelle production de Semiramide à Nancy en mai (avec la soprano Salome Jicia dans le rôle-titre et le contre-ténor Franco Fagioli qui interprétera Arsace, rôle traditionnellement confié à une mezzo). A Strasbourg, les élèves de l’Opéra-Studio défendront Il signor Bruschino en avril, tandis que Tourcoing présentera La cambiale di matrimonio en février.
De Bellini, on verra Les Capulets et les Montaigus à Marseille, avec Patrizia Ciofi et Karine Deshayes (janvier) ou encore Norma à Saint-Etienne, en coproduction avec le théâtre des Champs-Elysées (voir plus loin). Quant à Donizetti, il n’est pas si mal traité. Lucia di Lammermoor sera donnée à Tours en octobre dans la mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia, avec Désirée Rancatore et Jean-François Borras, et à Toulouse en mai, reprise de la mise en scène de Nicolas Joel. Marseille présente Anna Bolena (avec Zuzana Markova) et Maria Stuarda (avec Annick Massis) en version de concert en octobre, dans les deux cas, sous la direction de Roberto Rizzi-Brignoli. Le chef italien dirigera aussi La Fille du régiment à Toulon en février, une production de Lausanne signée Vincent Vittoz. A Lyon, une nouvelle production de Viva la mamma ! (puisque l’on rebaptise ainsi aujourd’hui Le convenienze ed inconvenienze teatrali) vaut pour la mise en scène de Laurent Pelly et une distribution qui réunira notamment Patrizia Ciofi et Laurent Naouri (juin-juillet).

Ouvrages germaniques et d’Europe de l’Est

Deux productions de Fidelio sont à l’affiche : la première est une adaptation (pour trois chanteurs et un instrumentiste), donnée à Besançon en novembre, tandis que l’unique opéra de Beethoven sera présenté dans sa version traditionnelle à Rennes en mars, avec Donald Litaker, Claudia Iten…, dans une mise en scène de Philippe Miesch (coproduction Angers Nantes Opéra).
Les wagnériens, à défaut d’un Ring cette saison, auront droit à Lohengrin, en version de concert à Nantes (septembre) et Montpellier (octobre), dans une mise en scène de Louis Désiré à Saint-Etienne en juin, avec Jean-Noël Briend, Cécile Perrin… On ne manquera pas, à Lyon, la recréation du Tristan et Isolde de Bayreuth 1993, signée Heiner Müller, que Daniel Kirch et Ann Petersen feront revivre sous la direction de Hartmut Haenchen (mars-avril). Quant à l’Opéra de Lille, il reprend une production lyonnaise, celle du Vaisseau fantôme vu par le collectif La Fura dels Baus (mars-avril).
Les œuvres de Richard Strauss demandent souvent de forts effectifs orchestraux que la fosse de certains théâtres de taille moyenne ne peut accueillir. Tel n’est pas le cas à Lyon qui affiche l’Elektra signée Ruth Berghaus, reprise là encore d’une production mythique, celle de Dresde en 1986. Elena Pankratova y incarnera le rôle-titre (mars). A l’Opéra du Rhin, ce sera Salomé dans une mise en scène d’Olivier Py ; Helena Juntunen y fera ses débuts dans le rôle-titre (Strasbourg et Mulhouse, mars). Enfin, Ariane à Naxos sera à l’affiche à Nancy, sous la direction de Rani Calderon et mise en scène par David Hermann (juin).
Alain Garichot avait réalisé Eugène Onéguine de Tchaïkovski pour l’Opéra de Nancy en 1997, son spectacle est repris à Nice en février puis à Saint-Etienne (avec Michal Partyka, Sophie Marin-Degor et Florian Laconi) en avril. A Marseille en février, ce sera Boris Godounov de Moussorgski (production de Liège, mise en scène par Petrika Ionesco). Lyon affiche L’Ange de feu de Prokofiev en octobre, Metz une nouvelle production du Château de Barbe-Bleue de Bartok en novembre, Nancy Le Coq d’or de Rimski-Korsakov en coproduction avec Bruxelles et Madrid (mars), et Tours la Rusalka de Dvorak en mai, avec Nathalie Manfrino dans une mise en scène de Dieter Kaegi.

Répertoire français

Ouvrage emblématique de notre répertoire, Carmen ne ferait-elle plus recette ? Deux productions seulement à signaler, celle de l’Opéra de Nice, mise en scène par Daniel Benoin, avec Aurore Ugolin, Nathalie Manfrino, Luc Robert… (en mars), et celle de Rennes (en juin, coproduction avec Saint-Gall et Ténériffe) signée Nicola Berloffa. Sous la direction de Claude Schnitzler, Julia Robard-Gendre sera entourée de Marie-Adeline Henry et Antoine Belanger. On se consolera avec un autre ouvrage de Bizet, Les Pêcheurs de perles, donné à Bordeaux en mai (coproduction Opéra-Comique, Liège et Palazzetto Bru Zane) dans une mise en scène de Yoshi Oïda, avec Joyce El-Khouri, Sébastien Droy et David Bizic.
Les berlioziens n’auront qu’un Béatrice et Bénédict pour faire leur bonheur (Toulouse, septembre, coproduction avec La Monnaie de Bruxelles), avec Julie Boulianne et Joel Prieto…, sous la direction de Tito Ceccherini et dans la mise en scène de Richard Brunel.
Une nouvelle production du Faust de Gounod réunit les opéras d’Avignon (où elle sera donnée en juin), Marseille, Massy, Metz, Nice et Reims. Mise en scène par Nadine Duffaut, elle rassemblera à Avignon Florian Laconi, Jérôme Varnier, Nathalie Manfrino…, avec Alain Guingal au pupitre. Autre opéra de Gounod, Roméo et Juliette est à l’affiche de l’Opéra de Toulon dans la mise en scène de Paul-Emile Fourny (là aussi coproduction avec Avignon, Massy, Metz, Reims et Tours). Ismael Jordi et Mihaela Marcu incarneront les amants de Vérone, Giuliano Carella étant au pupitre (juin).
Toutes proportions gardées, Delibes est mieux loti avec deux Lakmé, l’une à Tours en janvier (coproduction avec Bonn et Metz) avec Jodie Devos, Julien Dran et Vincent Le Texier, l’autre à Marseille en mai (il s’agit du spectacle de ­l’Opéra-Comique, coproduit également avec Lausanne) où Sabine Devieilhe reprendra le rôle de la jeune Hindoue, entourée de Florian Laconi et Nicolas Cavallier. Difficile de choisir!
Werther de Massenet, mis en scène par Paul-Emile Fourny, sera donné à Metz et à Massy en février puis à Reims en mars. Le ténor Sébastien Guèze y chantera son premier Werther avec, à ses côtés, la Charlotte de Mireille Lebel.
Pour voir Pelléas et Mélisande de Debussy, il faudra aller à Limoges en novembre, spectacle mis en scène par Stéphane Braunschweig pour l’Opéra-Comique. Ici Elliot Madore, Karen Vourc’h et Laurent Alvaro seront dirigés par Robert Tuohy. A Saint-Etienne, Jean-Louis Pichon, ancien directeur de la maison, revient pour remonter Dialogues des carmélites de Poulenc (spectacle créé à Séville en 2003) où Elodie Hache sera Blanche de La Force, sous la direction de David Reiland.

Œuvres rares de France et d’ailleurs

Grâce au travail mené au Palazzetto Bru Zane par le Centre de musique romantique française et au soutien qu’il apporte à nombre de productions, on aura droit, cette saison encore, à quelques belles découvertes, la plupart en version de concert. Ainsi la Proserpine de Saint-Saëns, avec Véronique Gens, sera donnée à l’Opéra royal de Versailles en octobre, la Phèdre (1786) de Jean-Baptiste Lemoyne renaîtra à Caen en avril et sera donnée au théâtre des Bouffes-du-Nord à Paris en juin, sous la direction du Julien Chauvin, avec Judith van Wanroij dans le rôle-titre. Le théâtre des Champs-Elysées donnera La Reine de Chypre d’Halévy, grand opéra en cinq actes de 1841, dirigé par Hervé Niquet, avec Véronique Gens, Marc Laho… (juin), tandis que l’Opéra-Comique donnera Le Timbre d’argent de Saint-Saëns, sous la direction de François-Xavier Roth et mis en scène par Guillaume Vincent (juin).
A Reims, en avril, l’ensemble Les Monts du Reuil (dir. Eugénie Warnier) ressuscite Le Jeune Sage et le Vieux Fou, opéra-­comique de Méhul où un adolescent devra ramener à la raison son père, noceur invétéré ! Grand opéra encore avec La Juive d’Halévy que l’on a entendue la saison dernière en deux versions (Nice et Lyon). Strasbourg l’affiche à son tour dans la mise en scène de Peter Konwitschny pour l’Opéra de Flandres (février). Et Toulouse monte Le Prophète de Meyerbeer en fin de saison (juin) dans une nouvelle production de Stefano Vizioli dirigée par Claus Peter Flor, avec John Osborn et Ekaterina Gubanova.
Quant au théâtre impérial de Compiègne, il accueille en novembre le rare Don César de Bazan de Massenet, spectacle de la compagnie Les Frivolités parisiennes créé à Paris la saison dernière. Mathieu Romano, connu comme le fondateur de l’ensemble Aedes, dirigera une distribution qui réunit, autour du Don César de Jean-Baptiste Dumora, Sabine Revault d’Allonnes, Jérôme Billy, Jean-Claude Saragosse.

Musique ancienne et baroque

Deux opéras de Monteverdi marquent la saison dijonnaise, d’abord Orfeo donné en ouverture de saison (septembre-­octobre), avec Marc Mauillon dans le rôle-titre, accompagné par Les Traversées baroques (dir. Etienne Meyer), tandis qu’Yves Lenoir signe la mise en scène. Puis ce sera Le Retour ­d’Ulysse dans sa patrie par Le Concert d’Astrée (dir. Emmanuelle Haïm), dans une mise en scène de Marianne Clément. Rolando Villazon sera Ulysse et Magdalena Kozena, Pénélope (mars). Autre production d’Orfeo à Caen où la “favola in musica” de Monteverdi sera mise en espace et dirigée par Paul Agnew à la tête des Arts florissants, avec Cyril Auvity en Orphée (février), et mise en regard du Couronnement de Poppée donné par Les Nouveaux Caractères de Sébastien d’Hérin et mis en scène par Klaus Michael Grüber (mars). Ce diptyque sera repris à Versailles (mars et avril) tandis que le Couronnement seul tournera à Vichy et Villeurbanne (mars) dans le cadre de la saison de l’Opéra de Lyon. Un autre Orfeo, celui de Rossi, est à l’affiche du théâtre de Caen, dirigé par Raphaël Pichon à la tête de son ensemble Pygmalion, avec Judith van Vanroij dans le rôle-titre, avant d’être donné dans la foulée à Bordeaux (mars). A Tourcoing, Jean-Claude Malgoire a confié la mise en scène d’Orlando furioso de Vivaldi à Christian Schiaretti (mars-avril, avec reprise au théâtre des Champs-Elysées en version de concert).
Parmi les ouvrages français, on verra la Médée de Charpentier à Versailles en mai (production de Toronto), Les Amants magnifiques de Lully dirigés par Hervé Niquet à Massy, Rennes puis Avignon (janvier-février). Œuvre moins connue, bien qu’elle fut l’un des opéras préférés de la reine Marie-Antoinette, Chimène ou le Cid de Sacchini sera donné à Massy en mars sous la direction de Julien Chauvin à la tête de son Concert de la Loge (ex-olympique)et dans une mise en scène de Sandrine Anglade (hors du circuit des théâtres lyrique, cette production de l’Arcal sera également présentée à Saint-Quentin-en-Yvelines en janvier et Herblay en mars).

Répertoire léger

Marseille est redevenue, depuis que l’Odéon a été rattaché à l’Opéra, un haut lieu de l’opérette. Sept spectacles sont à l’affiche, de La Belle Hélène d’Offenbach (octobre) à Violettes impériales de Scotto (mai). Entre-temps, Dédé de Christiné, La Route fleurie de Lopez, Véronique de Messager, Princesse Czardas de Kalman et La Veuve joyeuse de Lehar feront les beaux soirs du théâtre de la Canebière.
Outre La Belle Hélène marseillaise, la plupart des autres grands ouvrages d’Offenbach sont à l’affiche à Clermont-Ferrand (novembre) et Massy (décembre) pour La Périchole dans la production d’Opéra éclaté, à Nantes et Angers pour un Orphée aux Enfers dirigé par Laurent Campellone (novembre-­décembre), à Saint-Etienne qui reprend La Vie parisienne vue par Jérôme Savary (décembre). Le Centre lyrique d’Auvergne à Clermont-Ferrand affiche aussi La Grande-Duchesse de Gérolstein, dirigée par Amaury du Closel (avril), tandis que Nancy reprend Geneviève de Brabant donnée à Montpellier la saison dernière (décembre). Enfin, Metz présente Les Contes d’Hoffmann (nouvelle production signée Paul-Emile Fourny et dirigée par Jacques Mercier, avec Jean-Pierre Furlan dans le rôle d’Hoffmann, en juin).
De son côté, Reims présente le charmant Petit Duc de Lecocq, dans la production des Frivolités parisiennes (mars). Un peu oublié aujourd’hui, Un violon sur le toit, musical de Jerry Bock, est donné par les opéras de Massy (janvier) et Avignon (avril). Chris de Moor reprendra le rôle de Tevye, immortalisé en son temps par Ivan Rebroff.

Créations

En dehors de l’opéra de Martin Matalon (voir ci-dessous), on compte moins de créations que lors des saisons précédentes. Rigueur des temps ? Demande des élus ? Souci de remplir les salles ? Comme chaque année à la rentrée, l’Opéra du Rhin crée un opéra, en coproduction avec le festival Musica. Ce sera Mririda d’Ahmed Essyad d’après la vie de Francesca Sorteni la poétesse berbère, mis en scène par Oliver Achard. L’Ensemble orchestral de l’Académie supérieure de musique sera dirigé par Léo Warynski (septembre).
On ne manquera pas non plus, à Lille en novembre, la création du Premier Meurtre d’Arthur Lavandier, sur un livret de Federico Flamminio, par l’ensemble Le Balcon (dir. Maxime Pascal), avec, entre autres, le baryton Vincent Le Texier, ni à Tourcoing la création de Voyage dans l’Empire mongol de François-Bernard Mâche, avec Paul-Alexandre Dubois, Christophe Crapez… et le quatuor Debussy (mars).
A Nantes (janvier) et Angers (mars), le jeune public verra Little Nemo de David Chaillou, avec le baryton Richard Rittelmann, accompagné par l’ensemble Ars Nova (dir. Philippe Nahon). Jeune public aussi pour la création du Pinocchio de Lucia Ronchetti à Rouen (dans la chapelle Corneille récemment restaurée) en février, dans une coproduction de l’Opéra de Rouen avec la Philharmonie de Paris et l’Ensemble intercontemporain. La soprano Juliette Allen incarnera le pantin de Collodi.
Mais la plus importante des créations de la saison sera celle du premier opéra de Martin Matalon, L’Ombre de Venceslao, sur un livret de Jorge Lavelli qui signe aussi la mise en scène. Il s’agit de la troisième opération de diffusion du Centre français de promotion lyrique (CFPL), après Le Voyage à Reims de Rossini (44 représentations en 2008-2010) et Les Caprices de Marianne de Sauguet (40 représentations en 2014-2016). A chaque fois, le CFPL s’efforce de réunir sur un projet le maximum de maisons d’opéra, ce qui assure une plus longue durée d’engagement aux chanteurs et permet aux théâtres de proposer un spectacle à moindres frais. Après la création à l’Opéra de Rennes le 12 octobre (deux autres représentations les 14 et 16), représentations en 2017 à Avignon (10 et 12 mars), Clermont-Ferrand (22 mars), Toulouse (2 au 9 avril), Marseille (7 et 9 novembre), puis en 2018 à Montpellier, Reims, Toulon, Bordeaux. A l’étranger, Santiago du Chili et Buenos Aires devraient accueillir la production.

Saisons parisiennes

A Paris, la saison lyrique est réduite du fait de la fermeture pour travaux de la salle Favart (qui rouvre début 2017, mais la programmation n’est pas commu­niquée à l’heure où nous bouclons ce numéro)
et de celle, toute proche, du théâtre du Châtelet.
La saison de l’Opéra de Paris compte onze nouvelles productions, à commencer par Eliogabale de Cavalli, dirigé par Leonardo Garcia Alarcon, avec le contre-ténor France Fagioli dans le rôle-titre (septembre). Samson et Dalila de Saint-Saëns fait son retour après quelque vingt-cinq ans d’absence, dans une mise en scène de Damiano Micheletti et sous la baguette de Philippe Jordan (octobre). Couplage inédit, Cavalleria rusticana de Mascagni sera donné, non avec I pagliaci auquel on l’associe traditionnellement, mais avec la plus rare Sancta Susanna d’Hindemith (novembre-décembre) : Carlo Rizzi sera au pupitre et Mario Martone signe la mise en scène. Lohengrin de Wagner, mis en scène par Claus Guth en janvier-février, vaut pour une première distribution hors pair (René Pape, Jonas Kaufmann, Martina Serafin…). Un nouveau Cosi fan tutte de Mozart confié à la chorégraphe Teresa De Keersmaeker et dirigé par Philippe Jordan (janvier-février) précédera la Carmen vue par Calixto Bieito (mars-avril, puis juin-juillet) : Roberto Alagna sera Don José en mars, face à la cigarière de Clémentine Margaine. D’autres distributions suivront en avril puis en juin. Création mondiale de Luca Francesconi, Trompe-la-Mort dont le livret s’inspire de l’œuvre de Balzac (mars-avril), puis une rareté, Snegourotchka de Rimski-Korsakov, mise en scène de Dmitri Tcherniakov (avril-mai). En fin de saison (juin-juillet), La cenerentola de Rossini sera mise en scène par Guillaume Gallienne, avec Teresa Iervolino en Angelina. Deux spectacles sont confiés aux artistes de l’Académie de l’Opéra de Paris, Owen Wingrave de Britten vu par Tom Creed, avec Stephen Higgins au pupitre (novembre) et Les Fêtes d’Hébé de Rameau, opéra-ballet dirigé par Jonathan Williams et mis en scène par Thomas Lebrun (mars).
Plusieurs reprises complètent la saison : Tosca, Lucia di Lammermoor, Les Contes d’Hoffmann (avec Jonas Kaufmann dans le rôle-titre), Iphigénie en Tauride, La Flûte enchantée, Wozzeck, Eugène Onéguine et Rigoletto, auxquelles il faut ajouter une version de concert de Béatrice et Bénédict (Stéphanie d’Oustrac, Stanislas de Barbeyrac, en mars), maillon d’un cycle Berlioz entamé avec La Damnation de Faust.

En dehors de l’Opéra de Paris, c’est vers le théâtre des Champs-Elysées qu’il convient de se tourner. Cinq opéras sont donnés en version scénique : Norma de Bellini en octobre (production de Salzbourg avec Cecilia Bartoli), L’Opéra de quat’sous de Weill mis en scène par Bob Wilson (octobre), Don Giovanni de Mozart avec Jean-Sébastien Bou dans le rôle-titre (décembre), Le Retour ­d’Ulysse dans sa patrie de Monteverdi (février-mars, coproduction avec Dijon) et un nouveau Pelléas et Mélisande de Debussy signé Eric Ruff et dirigé par Louis Langrée, avec Jean-Sébastien Bou et Patricia Petibon (mai). De nombreux opéras en version de concert complètent la saison lyrique. Citons seulement un Enlèvement au sérail de Mozart qui vaudra d’abord pour la direction de Theodor Currentzis (novembre), deux Haendel – Rodelinda en janvier, Ariodante en mai – ou encore une Carmen avec Marie-Nicole Lemieux et Michael Spyres (janvier-février) et un autre Bizet, Les Pêcheurs de perles, dirigé par le nouveau chef de l’Orchestre national de Lille, Alexandre Bloch (mai). Répertoire italien avec Simon Boccanegra de Verdi avec Ludovic Tézier dans le rôle du Doge (mars) ou André Chénier de Giordano avec Jonas Kaufmann (mars), mais le temps fort sera sans doute la redécouverte de La Reine de Chypre d’Halévy (juin).

Au théâtre du Châtelet, avant les travaux, une seule production marquera la fin du mandat de son directeur Jean-Luc Choplin qui a fait du théâtre un temple de la comédie musicale. Il s’agit de 42nd Street, musical de Harry Warren, beau succès de 1980, dans une production tout droit venue de Broadway (décembre-janvier).

Au théâtre de L’Athénée, on ne manquera pas L’Ile du rêve, ouvrage du tout jeune Reynaldo Hahn, dirigé ici par Julien Masmondet (décembre), La Petite Renarde rusée de Janacek par l’ensemble TM+ (mars) ou une version pour marionnettes du Pierrot lunaire de Schoenberg (mars). Enfin, le théâtre accueillera, en décembre-janvier, la production des Chevaliers de la Table ronde d’Hervé par l’équipe des Brigands.

Chez nos voisins

Bruxelles Un nouveau Macbeth ouvre la saison, avec Scott Hendricks et Béatrice Uria-Monzon, mis en scène par Olivier Fredj (septembre). Laurent Pelly signe une nouvelle production du Coq d’or de Rimski-Korsakov que dirigera Alain Altinoglu (décembre). On verra ensuite Lohengrin monté par Olivier Py, avec Lothar Koenigs au pupitre (janvier-février), Lucio Silla de Mozart (mars-avril), Madame Butterfly de Puccini (mai) et, en fin de saison, Le Château de Barbe-Bleue de Bartok couplé avec Lux Æterna de Ligeti, également sous la direction d’Alain Altinoglu (juin). Outre des reprises, il faut mentionner la version de concert de Pénélope de Fauré, dirigée par Michel Plasson, avec Anna Caterina Antonacci, Yann Beuron… (février).
Liège Turandot de Puccini réunit Tiziana Caruso et José Cura, le ténor argentin signant aussi la mise en scène (septembre-octobre). Stefano Mazzonis di Pralafera met en scène Nabucco de Verdi avec Leo Nucci (octobre). Autres nouvelles productions, Don Giovanni dirigé par Rinaldo Alessandrini (novembre), La Damnation de Faust de Berlioz mise en scène par Ruggero Raimondi (janvier-­février) ou encore le rare Jérusalem de Verdi (mars).
Genève Après une Manon de Massenet confiée à Olivier Py, avec Patricia Petibon et Bernard Richter (septembre), le chapiteau de l’Opéra des Nations – où se déroulent les spectacles pendant les travaux du Grand-Théâtre – affiche Der Vampyr de Marschner, dirigé par Dmitri Jurowski (novembre). Parmi les autres nouvelles productions, on retiendra La Bohème de Puccini (décembre-janvier), Il Giasone de Cavalli avec le contre-ténor Valer Sabadus (Jason) et au pupitre Leonardo Garcia Alarcon (janvier-février) ou encore Cosi fan tutte dirigé par Hartmut Haenchen (avril-mai).
Lausanne Des nouvelles productions, se distingue celle de l’Orfeo de Monteverdi qui ouvre la saison, signée Robert Carsen et dirigée par Ottavio Dantone (octobre). Orlando paladino de Haydn, donné avec les forces de l’Opéra de Fribourg, permettra d’entendre Carlos Natale dans le rôle-titre (février), tandis qu’un nouveau Don Giovanni signé Eric Vigié fera la clôture de la saison lausannoise (juin). Quant au rare Siroe de Hasse, il sera mis en espace par le contre-ténor Max Emanuel Cencic qui incarnera le personnage de Siroe (novembre).
Monte-Carlo Largement italienne, la saison de l’Opéra dirigé par Jean-Louis Grinda ouvre avec Nabucco, Leo Nucci incarnant le rôle principal (novembre). Après des versions de concert de Maria Stuarda de Donizetti (avec Annick Massis, décembre), de La cenerentola de Rossini (avec Cecilia Bartoli, février) et de Simon Boccanegra de Verdi (Ludovic Tézier y sera le Doge, mars), on verra Le Barbier de Séville de Rossini (mars) et Le Trouvère de Verdi (avril). En complément, Manon de Massenet (janvier) et une nouvelle production de Tannhäuser de Wagner, dirigée par Nathalie Stutzmann avec José Cura dans le rôle-titre (février).

Des étudiants sur scène

On connaissait depuis longtemps les spectacles donnés par l’Ecole d’art lyrique de l’Opéra de Paris ou encore par l’Opéra Studio de l’Opéra du Rhin (Il signor Bruschino de Rossini en avril). Aujourd’hui, de plus en plus de maisons d’opéra, non seulement accueillent des étudiants dans leurs productions, mais leur confient parfois la totalité d’un spectacle.
Ainsi, l’Opéra de Dijon donne carte blanche à trois étudiants du Pôle d’enseignement supérieur de la musique de Bourgogne pour monter de A à Z, dans le cadre de leur cursus, La Clémence de Titus de Mozart (juin).
A Rennes en avril, si le délicieux Toréador d’Adam fait appel à Xavier Billier et Marc Larcher pour les deux rôles masculins, celui de Coraline sera confié alternativement à deux étudiantes du Pont supérieur (pôle supérieur Pays-de-Loire-Bretagne) qui devront affronter les périlleuses vocalises de l’air « Ah, vous dirais-je maman ». Leurs collègues instrumentistes seront dans la fosse, sous la direction de Jean-Luc Tingaud.

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