De nouvelles fonctions pour les chefs d’orchestre

Antoine Pecqueur 02/11/2016
Aujourd’hui, les chefs ne sont pratiquement plus attachés à vie à leurs orchestres. Ceux-ci mettent de plus en plus en place des contrats de chef associé, de premier chef invité… Que révèlent ces appellations ?
Il fut un temps où le maestro régnait tout-puissant sur l’orchestre qu’il dirigeait. Il pouvait même être, comme Herbert von Karajan au Philharmonique de Berlin, chef “à vie”. Cela allait avec les comportements alors en vigueur : le directeur musical avait quasiment droit de vie et de mort sur ses musiciens. Dans la lignée d’un Arturo Toscanini, certains chefs faisaient montre d’une attitude autoritaire, allant jusqu’à humilier des musiciens dont le jeu ou la personnalité ne leur convenaient pas. Fort heureusement, la situation a considérablement évolué. La nouvelle génération de chefs d’orchestre est plus proche des musiciens – on voit même souvent chef et instrumentistes partager un verre après un concert. De l’autre côté, les musiciens, aujourd’hui davantage formés (c’est notamment l’effet de la réforme LMD – licence, master, doctorat – dans les conservatoires supérieurs), n’acceptent plus d’être méprisés par leur chef. Le droit du travail est aussi passé par là…
En parallèle, les contrats des chefs d’orchestre ont changé : fini l’époque des mandats de plusieurs dizaines d’années comme ce fut le cas avec Michel Plasson à Toulouse ou, encore tout récemment, avec Jean-Claude Casadesus à Lille. La durée des contrats est en moyenne de quatre ans, renouvelables. Si l’alchimie ne fonctionne pas, la solution est donc vite trouvée. En parallèle, les orchestres inventent de plus en plus de nouveaux postes : l’Orchestre de Paris a mis en place un binôme avec à la fois un directeur musical, Daniel Harding, et un chef associé, Thomas Hengelbrock. L’Orchestre de chambre de Paris a, lui, un pôle de collaborateurs artistiques, avec notamment le chef Roger Norrington ou le pianiste et chef François-Frédéric Guy, qui viennent en complément du directeur musical, Douglas Boyd. Même constat en région : à l’Orchestre symphonique de Bretagne, le directeur musical Grant Llewellyn a un chef associé, Aurélien Azan Zielinski.

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