Rachmaninov et Chostakovitch par Varvara
et l’Orchestre national de Lille

Emmanuel Andrieu 14/02/2017
Originaire de Russie, la pianiste Varvara (elle se fait appeler par son prénom) s’est fait connaître en devenant la lauréate du concours Geza Anda en 2012. Invitée de l’Orchestre national de Lille, elle a interprété, au Nouveau Siècle, le Concerto n°1 de Rachmaninov. A la baguette, son compatriote Vladimir Verbitsky, a ensuite dirigé une mémorable Symphonie n°11 de Chostakovitch

La Moscovite de 33 ans était déjà connue du public lilois : il y a deux ans, elle avait marqué les esprits en donnant un programme Chopin-Ravel, à l’occasion du Lille Piano(s) Festival. C’est avec le premier opus pianistique de Rachmaninov qu’elle revient, toujours avec la fraîcheur expressive qui la caractérise. Au-delà de toute considération technique, il y a chez Varvara un supplément d’âme qui ajoute encore et toujours de la beauté et du mystère à l’interprétation des œuvres qu’elle interprète. Guidé par une direction très bondissante de Vladimir Verbitsky, l’Orchestre national de Lille ne démérite pas non plus, même si on peut regretter le choix d’un tempo un peu lent dans le phrasé initial du deuxième mouvement. Dans le troisième, Varvara n’est pas loin de distancer ses partenaires à cause d’une fulgurance libre dans les traits, et le final résonne dans un romantisme exacerbé.

Après l’entracte, chef et orchestre s’attellent à la Symphonie n°11 de Chostakovitch, dont le sous-titre est “L’année 1905”. Le long adagio du premier mouvement, “La place du palais”, ne raconte pas grand-chose mais esquisse l’atmosphère précédant le drame sanglant de cette fameuse année 1905, développé dans le second mouvement. La formation lilloise en livre une réalisation exemplaire en parvenant à traduire les différents climats. La violence, les cris et la douleur du deuxième mouvement, “Le 9 janvier”, sont ici exaltés : l’aspect âpre et tranchant de ce mouvement est ainsi parfaitement rendu et prépare efficacement le funèbre Adagio qui suit, “Mémoire éternelle”. La soirée se termine par un implacable “Tocsin”, proche de l’apocalypse, qui cloue d’abord l’auditoire sur place, avant que de nombreux rappels saluent la performance des musiciens. (10 février)

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