Un Docteur Miracle réjouissant, au théâtre du Ranelagh

Philippe Thanh 16/03/2017
Tandis que l’Opéra Bastille accueille une nouvelle production de Carmen (lire ici), le théâtre du Ranelagh présentait dans son cadre intimiste Le Docteur Miracle, petite perle d’un Bizet encore presque adolescent.

En 1856, pour élargir le répertoire de son théâtre des Bouffes-Parisiens, Offenbach avait lancé un concours d’opérettes. Bizet et Charles Lecocq le remportèrent ex aequo en composant ce Docteur Miracle sur livret de Léon Battu et Ludovic Halévy. L’intrigue est un classique du genre : le capitaine Silvio est épris de Laurette, fille du podestat de Padoue qui s’oppose à l’union des jeunes gens. Silvio, déguisé en serviteur s’introduira dans la maison, bernera le podestat en lui faisant croire qu’il a été empoisonné pour avoir ingurgité une omelette de sa façon (irrésistible, le Quatuor de l’omelette est le passage le plus célèbre de la partition). Puis sous les trait du Docteur Miracle, Silvio “guérira” le podestat en échange de la main de sa fille…

Monté dans le cadre du Festival d’opéras en un acte qu’anime Isabelle du Boucher en invitant de compagnies d’opéra de chambre à se produire au théâtre du Ranelagh, ce Docteur Miracle était mis en scène par Renaud Boutin avec des moyens réduits mais une direction d’acteurs soignée pour une lecture d’un réjouissant premier degré.

Point d’orchestre pour accompagner, mais un – excellent – trio de musiciens composé de Francine Trachier au violon, Etienne Lamaison à la clarinette et de la pianiste Françoise Tillard qui assure la direction musicale du spectacle. L’entrée des trois musiciens chapeautés d’un melon, visage impassible est un grand moment ! Parmi les quatre solistes, tous bons comédiens, on saluera la musicalité et la facilité de l’aigu de Clémentine Bourgoin (Laurette), la rondeur du timbre et l’expressivité de Marion Gomar qui campe Véronique, la femme du podestat. Celui-ci est incarné par Renaud Boutin qui, non content de signer la mise en scène, fait montre d’une belle voix de baryton. Enfin, le ténor Charles Mesrine, voix bien conduite, est un truculent Capitaine Silvio.

Une belle réussite à saluer, qui met l’opéra, certes dans de petites formes, à la portée de chacun : ici, le prix des places ne dépasse pas 20 euros ! (14 mars)

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