François-Frédéric Guy, du piano à la baguette

Suzanne Gervais 22/03/2017
Comme d’autres pianistes avant lui, François-Frédéric Guy a endossé l’habit de chef d’orchestre pour diriger Beethoven. Il nous fait part de son expérience.
Quand le désir de diriger vous a-t-il pris ?
L’histoire est ancienne. Dans les années 1990, j’étudiais au sein d’une fondation sur les rives du lac de Côme. Je vivais une sorte de crise existentielle pianistique : j’avais envie de me mettre à diriger. Il faut dire que 90 % des compositeurs que j’écoute ont quasi exclusivement composé pour orchestre : Mahler, Strauss, Bruckner… Finalement, je suis resté pianiste, mais l’envie est réapparue en 2011.
J’ai commencé à diriger les concertos de Beethoven depuis le clavier. L’exercice est périlleux, car il faut mener un travail de fond avec l’orchestre, sans qu’il y ait aucune déperdition dans la partie soliste. Le geste pianistique, vers le bas, et le geste du chef, vers le haut, sont a priori opposés… Pourtant, le gain musical est incroyable. Ces concertos, comme ceux de Mozart, ont d’ailleurs été composés pour être dirigés par le soliste.
Qu’a de particulier le passage du piano au pupitre ?
Au pupitre, je ne produis plus directement le son. Il y a nécessairement un décalage entre le geste du chef et le son : c’est une sensation très déstabilisante. Le fait d’être pianiste a aussi des avantages considérables. C’est un instrument symphonique et l’on peut jouer les œuvres au clavier dans toute leur complexité, ce qui assure une vision globale de la partition. Je n’ai pas la prétention, ni le désir, d’abandonner subitement le piano et de me lancer dans une carrière de chef d’orchestre. J’ai effectué mes premiers pas de chef avec l’Orchestre de chambre de Paris, en septembre, puis avec l’Orchestre de l’Opéra d’Avignon. J’ai dirigé les symphonies nos 4 et 5 de Beethoven.
Quels sont vos projets, en tant que chef d’orchestre ?
Je retrouverai l’Orchestre de chambre de Paris au théâtre des Champs-Elysées le 20 avril pour jouer et diriger un programme Mozart. Pour la suite, je ne fais pas de plans. Je serai ravi que l’on me propose de diriger, mon rêve étant d’aborder les neuf symphonies de Beethoven. Je reste pragmatique : certains compositeurs, comme Mahler, relèvent pour le moment du domaine du rêve. Mais quand on a goûté à la direction d’orchestre… difficile de ne pas en reprendre !
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