Savoir écouter, savoir ne pas écouter

Nous sommes formatés pour entendre, non les sons eux-mêmes, mais les sons “filtrés” par le jugement de la société, des sons catalogués, en quelque sorte. Retrouver les sons d’origine est un enrichissement.
Avoir des oreilles est utile, mais leur fonctionnement est souvent perturbé par les jugements (« j’aime, je n’aime pas ; bon, mauvais ; ce n’est pas aussi beau que l’autre truc que j’ai entendu il y a trois ans »). En fait, les musiciens ont tendance à écouter non pas les sons produits (par eux-mêmes ou par d’autres personnes), mais leurs prédispositions en ce qui concerne les sons produits. Pour savoir écouter réellement, il est nécessaire de savoir détourner les jugements et prédispositions qui empêchent l’écoute. Comme les deux activités sont habituellement imbriquées, pour savoir écouter, vous devez “arrêter d’écouter”.

Écouter, c’est obéir

Une collègue sexagénaire est terrifiée par la prise de parole en public – même quand il s’agit de dire quelques mots à une poignée d’amis. Pour comprendre son attitude, je lui pose quelques questions. « On m’a toujours dit que je n’ai pas de voix », me raconte-t-elle. Ce fameux “on”, très français, est une sorte de présence à la fois floue et anonyme, omniprésente et omnipotente. « Qui, exactement ? lui demandé-je. C’est qui, ce on ? » D’une petite voix trouble, ma collègue me répond : « Ma mère… »

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