La Fille de neige à l’Opéra Bastille

Michèle Worms 18/04/2017
Créée à Saint-Pétersbourg en 1882, Snégourotchka ou La Fille de neige, opéra en quatre actes que Rimski-Korsakov tenait pour son œuvre préférée, fait enfin son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris.

Si l’opéra de Rimski-Korsakov a été représenté en France à l’Opéra-Comique dès 1908 (traduit en français), puis au théâtre des Champs-Elysées en langue russe (1929), il est resté bien rare et ce fut un grand plaisir de le redécouvrir. Le livret que le compositeur a écrit d’après une pièce d’Alexandre Ostrovski puise dans le folklore et les légendes russes. Fleur de neige, fille du Père Gel et de Dame Printemps, souhaite entrer dans le monde des humains. A force de supplications, sa mère lui accorde ce pouvoir, mais attention ! Si elle connaît l’amour et se trouve exposée au soleil, elle fondra et disparaîtra. Recueillie dans un village, Fleur des neiges se révèle incapable d’exprimer ses sentiments au berger Lel, contrairement à la jeune et passionnée Koupava. Désespérée, elle fait encore appel à sa mère, mais, après avoir pu dire son amour, elle sera malheureusement conduite par un homme fou d’elle à affronter le soleil et… à fondre.

Les spectateurs aux âmes d’enfant auraient sans doute eux-mêmes fondu (de plaisir) si l’on avait joué à fond la légende, avec de somptueux palais de glace et de superbes costumes. Le metteur en scène Dmitri Tcherniakov n’est pas allé jusque là ! Il a cependant respecté l’esprit de la légende, au prix, il est vrai, de quelques vulgarités. Mais les scènes de la forêt des derniers actes sont particulièrement poétiques, et il a en outre réussi cette gageure d’utiliser tout l’espace de l’immense plateau de l’Opéra Bastille.

Parmi les chanteurs, citons au premier chef Aida Garifullina qui incarne une Fleur des neiges fragile et touchante, Elena Manistina (Dame Printemps), voix et tenue superbes, et Martina Serafin, la jeune et ardente Koupava, qui, elle, sait exprimer haut et clair ses sentiments. Le haute-contre Yuri Mynenko choisi à la place de la mezzo prévue dans la partition originale est par contre un peu… froid. Tcherniakov réussit une belle direction d’acteurs.

L’orchestre de l’Opéra, sous la conduite du jeune chef Mikhail Tatarnikov, interprète avec un plaisir évident la partition de Rimski-Korsakov, vive, pleine de couleurs et de beaux airs, dont certains sont vite devenus des chansons populaires. (25 avril)

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