Aix-en-Provence: Renaud Capuçon et le festival de Pâques

Emmanuel Andrieu 02/05/2017
Fort de ses 22 000 spectateurs cette année (contre 14 000 à sa première édition), le 5e festival de Pâques d’Aix-en-Provence s’implante toujours plus dans le paysage musical français. C’est à son directeur artistique Renaud Capuçon que revenait le soin de clore la manifestation provençale, accompagné du Royal Philharmonic Orchestra placé sous la direction de Charles Dutoit, son directeur musical depuis 2009.

Après l’inévitable tour de chauffe de l’orchestre, ici un Carnaval romain de Berlioz tout de fougue et d’entrain, Capuçon s’attaque au difficile Deuxième Concerto de Mendelssohn. L’ouvrage trouve en lui un styliste hors pair : à sa technique brillante et facile s’ajoute une ligne d’archet compacte et veloutée qui permet au musicien une variété de tons et de couleurs qui font merveille. A l’instar du soliste, l’orchestre s’applique à trouver une pâte sonore limpide et dépouillée, et cette poursuite de la simplicité et de la légèreté met intelligemment en exergue toute l’ingénuité de l’ouvrage. Le finale – enlevé et impétueux – donne la mesure des facilités du violoniste français, dont l’impétuosité ne fait qu’une bouchée de l’Allegro molto vivace. En bis, il offre un ineffable « Ombres heureuses », tiré de l’Orphée et Eurydice de Gluck.

En seconde partie de soirée, la tension ne faiblit pas avec une vivifiante exécution de la Symphonie “du Nouveau Monde” de Dvorak, une œuvre maîtrisée par cœur de bout en bout par le chef suisse, ici particulièrement inspiré, avec une compréhension très approfondie des multiples subtilités de la partition, en plus d’une somptueuse mise en évidence des couleurs et des motifs. Dutoit entraîne ses musiciens dans une lecture qui allie passion et poésie, panache et nostalgie. Soulignons, dans le premier mouvement, la souplesse de l’attaque du deuxième thème, et, dans le deuxième, pris dans un tempo aussi lent qu’habité, l’entrée pianissimo du cor anglais, mais aussi le bonheur de vivre exprimée dans le scherzo, ou encore l’emphase du mouvement final. (23 avril)

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