A Rouen, des partitions numériques dans la fosse

Suzanne Gervais 31/05/2017
En septembre, pendant une semaine de répétitions et un concert, les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen ont délaissé le papier pour se familiariser avec le logiciel de partitions numériques mis au point par la start-up Newzik.
L’expérience avait lieu dans le cadre de l’édition 2016 du festival Normandie impressionniste, dont l’un des thèmes était Musique et numérique. « La création de la Sonate de Vinteuil, composée par quatre étudiants du conservatoire, nous a permis de mettre en place une première collaboration avec Newzik, qui avait besoin de tester son lecteur de partitions au sein d’un orchestre », explique Benjamin Guyant, directeur adjoint de la coordination artistique à l’Opéra de Rouen.
Entre curiosité et appréhension
L’équipe de la start-up a donc pris ses quartiers à l’Opéra, pendant la semaine de répétitions qui précédait le concert du 15 septembre. « Il a fallu transmettre les fichiers de toutes les partitions scannées en amont, explique Morgane Lescuyer, responsable de la bibliothèque. Les maisons d’édition ne proposent pas encore de version numérique de leurs partitions. » Au sein de l’orchestre, la curiosité règne. « Certains d’entre nous utilisent des tablettes en cours, explique Baptiste Arcaix, bassoniste, mais jamais en orchestre. Nous avions quelques appréhensions… » La bibliothécaire raconte qu’un jeu de partitions de secours, sur papier, avait été prévu en cas de dysfonctionnement : « Une solution de secours qu’il ne faut pas négliger lorsque l’on utilise des outils dépendants de l’électricité ! »
Un outil pertinent pour la musique contemporaine
Luminosité trop forte, reflets sur l’écran, taille de la tablette par rapport aux partitions… L’équipe de Newzik, très réactive, a noté les doléances des musiciens et a, depuis, perfectionné son outil. « La pédale Bluetooth pour tourner les pages est très pratique, explique Baptiste Arcaix. En revanche, nous avions toujours le réflexe de chercher le crayon sur le pupitre ! » La possibilité de synchroniser les appareils a plu aux musiciens : les annotations du chef de rang apparaissent sur toutes les partitions. « Cet outil est formidable pour la musique contemporaine, explique Baptiste Arcaix. Le compositeur, présent dans la salle, peut modifier et corriger en temps réel. En revanche, je suis plus sceptique pour des répertoires tels que l’opéra où nous avons l’habitude de travailler avec des partitions en grand format… »
Pour Morgane Lescuyer, l’utilisation de partitions numériques représentera, à terme, un gain de temps considérable. « Il y a tout un travail à mener auprès des maisons d’édition, qui ne semblent pas encore prêtes à prendre le virage numérique », nuance-t-elle.
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