La trompe, en attente de reconnaissance par l’Unesco

Philippe Thanh 28/06/2017
La Fédération internationale des trompes de France a été fondée en 1928, même si l’on peut faire remonter ses origines aux années 1880, quand une association musicale organisait des concours de trompe lors de festivals de musique. Son président Antoine de La Rochefoucauld fait le point de la situation de la trompe en France.
On associe souvent la pratique de la trompe à la vénerie…
C’est aujourd’hui très excessif. Si nous comptons environ 20 % de nos adhérents qui ont un lien direct avec la vénerie, la majorité d’entre eux s’intéressent uniquement à l’instrument et à la pratique musicale, au fait de jouer en groupe dans diverses manifestations. Cela dit, la chasse a aidé, au cours des siècles, à préserver le répertoire de l’instrument… même si la trompe, héritière du cor, a une histoire très ancienne.
Quels sont les buts poursuivis par votre association ?
La Fédération internationale des trompes de France a d’abord pour but de favoriser le rayonnement de l’instrument et de développer sa pratique et son enseignement. Nous comptons entre 8 500 et 9 000 adhérents, avec un turn-over important car beaucoup nous rejoignent pour un temps, lorsqu’ils s’inscrivent à des concours ou à des festivals. Parmi nos adhérents, on compte quelque 250 ensembles et pratiquement autant d’écoles. Nos membres sont bien sûr français, mais nous en avons beaucoup qui vivent en Belgique, en Suisse, en Italie, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Pologne…
Nous avons obtenu en 2015, après un long parcours, l’inscription de l’art du sonneur à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel du ministère de la Culture, ce qui constitue un préa­la­ble indispensable pour obtenir la reconnaissance de cet art par l’Unesco. Nous nous y attelons, comme le font d’autres pays, la Belgique, l’Italie ou l’Allemagne, par exemple. Si tout va bien, le dossier pourrait être présenté en 2018, pour les 90 ans de notre fédération !
Et pour l’enseignement, il se déroule hors des conservatoires…
Il a pour cadre essentiellement des écoles associatives. Beaucoup de sonneurs se forment aussi sur le tas, par la pratique au sein d’ensembles. Toutefois, certains conservatoires commencent à s’intéresser à la trompe ; plusieurs professeurs nous aident en ce sens. Nous avons une commission pédagogique qui œuvre à homogénéiser l’enseignement dans les différentes régions ; nous l’avons structuré en cinq catégories, ceux qui passent en 1re catégorie pouvant se présenter au championnat de France, puis au championnat international. Le prochain se déroulera à Lamotte-Beuvron du 25 au 27 août.
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