Je déteste le trémolo !

« Je déteste le pianissimo, les cordes doubles, le trémolo, le solfège, l’analyse musicale, l’improvisation, le déchiffrage, les auditions, les concours, les chaises, les autocars de tournée, la fosse à l’opéra, le Canon de Pachelbel, Beethoven, Tchaïkovski… » Les sources de déplaisir pour un musicien sont multiples. Mais on peut les transformer en plaisir !
Certains musiciens parlent de leurs déplaisirs avec légèreté, comme s’il s’agissait d’une blague sans trop d’importance. Pour d’autres, leurs déplaisirs sont tellement intenses qu’ils dénotent une véritable haine.

Haïr le trémolo…

Prenons le cas d’un cordiste qui déteste le trémolo, qu’il doit produire plus ou moins souvent à l’orchestre. Le trémolo est un geste rapide et répété de l’archet, produisant différents timbres et couleurs selon la technique de l’interprète. Il est musicalement riche et intéressant ; en outre, il est nécessaire ou obligatoire dans certains contextes musicaux. Pourquoi le cordiste déteste-t-il un si riche outil ? En fait, il déteste les sensations physiques d’un geste mal maîtrisé, les résultats sonores qui ne correspondent pas à ses préjugés esthétiques, voire les sentiments d’échec. Tout cela vit à l’intérieur de lui-même – c’est-à-dire qu’il déteste quelque chose “en lui”. Il ne déteste pas le trémolo, mais il se déteste quand il “s’habille” en trémolo.
Existentiellement, toute haine est une sorte de haine de soi, puisque ce sont les sensations et sentiments que nous avons à l’intérieur de nous-mêmes qui constituent cette haine.

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